‹ Théatre completChapitre 771 sur 1461 · SCÈNE I ÉRDCÈNE, PHÉNICE · texte numérisé non relu

SCÈNE I ÉRDCÈNE, PHÉNICE

PHÉIfICB.

tnilSans qu'à la pitié vous ayez pu vous rendre, ho&iTez de nouveau refusé de l'entendre, Bje^n» tout à coup chanceler ce courroux...

ÊRIXÂNE.

iM^f nn peu de relâche à mon esprit jaloux ; tomes feux mal éteints ma raison peu maîtresse H peut-être à ses yeux opposé ma faiblesse, •plaintes, ses soupirs auraient pu m'émouvoir ; 4 pour fuir ce péril, j'ai dû ne le plus voir: fils, si de ce dehors la trompeuse apparence h courroux qui m'anime étale Tarrogance, â Oerfé qui me livre à ces transports ardents, llpeat-elle affranchir des troubles du dedans? pîme pour un grand cœur il n'est rien de si rude Ifcfnn beau feu lâchement payé d'ingratitude, Ikbord, sans voir l'abîme où nous portons nos pas, hit ce qui nous en venge est pour nous plein d'ap-

[pas; tecette vive ardeur dont nous goûtons l'amorce, «point d'exécuter perd beaucoup de sa force, amour parle, et le cœur, malgré tout son dépit, fcsent toujours forcé d'écouter ce qu'il dit; hiqu'à mes yeux du prince il dérobe le crime, Iveis de son orgueil quelle fut la maxime, M'en vain de sa foi j'oserais me flatter, llkias pour sa fille eût voulu l'accepter, ■fioire à l'en punir est trop intéressée, pcfaot, je le dois, mais j'épouse Persée; Lgoelque trahison dont il se soit noirci, m m*en venger sur moi que le punir ainsi.

PHÉNICE

[ai prévu ce remords; mais,de quoi qu'il vous flatte, Hle d'aller au temple est-il temps qu'il éclate? bs ce temple déjà pour tout le monde ouvert, 5 irrand prêtre...

éRIXlhfE.

Ah I C'est là que ma raison se perd.

Si je ne touchais pas à l'heure infortunée Où se doit achever ce funeste hyménée, J'en croirais de nouveau l'impatient courroux Qui porta ma vengeance à choisir un époux. Pour punir mon ingrat du choix qu'il me préfère, De nouveau je voudrais me promettre à son frère, Par cet affreux hymen combler son désespoir. Au moins, Phénice, au moins je croirais le vouloir. Maisquandle coup approche, et qu'il faut, sansre-

[mise, Donner aux yeux de tous la foi que j'ai promise. Dans l'horreur qui s'oppose à ce don de ma foi, Je ne répondrais pas de l'obtenir de moi. Si ton zèle jamais parut pour ta princesse, Sauve-la du péril de montrer sa faiblesse. Prends pitié de sa gloire, et, sans trop m'en gager. Tire-moi de Tablme où j'ai su me plonger. Cherche Démétrius, si ma rigueur le pique, Fais si bien qu'avec toi son désespoir s'explique ; S'il menace, il suffit pour ne rien achever Tant qu'on ait prévenu ce qui peut arriver. Quelque retardement paraîtra nécessaire, Et j'aurai tout gagné pourvu que4'on diffère.

PHÉNICE

Mais, madame, songez...

ÉRIXÂNE.

Je voisAntigonus, Va, tu me donnerais des avis superflus.

Page 1