ANTIOCHUS, ACTE II, SCÈNE IV
STRÂTONICE.
PourTOUâenpouYoircroire,iIfautqu'auparavant...
ANTIOCHUS
Madame, au nom des dieux, n'allez pas plus avant. Tint que j'aime en secret, j'aime avec innocence, Mais enfin je la perds si j'en fais confidence; Et c'est peut-être assez, dans un sort si cruel, De Tivre malheureux, sans mourir criminel.
STRATONICE
Après ce que sur vous je dois avoir d'empire, Prince, c'est m'outrager que s'en vouloir dédire. Et soupçonner qu'un zèle aussi faux qu'indiscret...
ANTIOCHUS
Madame, encore un coup, laissez-moi mon secret. Yoas-méme qui voulez qu'un libre aveu l'exprime, Sil échappe à mon cœur, vous m'en ferez un crime; El sans foirpar quel ordre il l'ose révéler, Tous me demanderez qui m'aura fuit parler. 5e TOUS exposez point pour vouloir trop connoître... STBATONicE. [trc ;
Tosmalheurs sont au point de ne pouvoir s'accrol- Et quand je n'agirais qu'afin de vous trahir...
ANTIOCHUS
Iiâo TOUS le voulez, il faut vous obéir; tej'atteste les dieux, si je romps le silence, {KiDtre ordre à mon feu fait cette violence, 0([oe jusqu'au tombeau, sans cette dure loi, Ce serait un secret entre mon cœur et moi. hisqu'il faut expliquer pour qui ce cœur soupire, ToQS-même dites-vous ce que je ne puis dire? Ce portrait trop aimable, et trop propre à charmer, Tous montrera l'objet que je n'ose nommer. (1/ Ali donne le portrait qu*il a reçu (fàrsinoé,) STRATONICE.
Cet excès de respect marque une âme incapable...
ANTIOCHUS
Bé bien, qn'ordonnez-vous d'un amant déplorable?
.Uout son désespoir faut-il l'abandonner,
Oq le plaindre d'un sort qu'il n'a pu détourner?
feisTotrc teint se change, et ce front qui s'altère...
C'en est fait, je le vois, j'ai dû, j'ai dû me taire ;
Et l'amour dont je suis l'indispensable loi,
Qoand j'en nomme l'objet, est un crime pour moi.
STRATONICE
^otre choix me surprend ; et, quelque haut mérite Ooecet amour se peigne en l'objet qui Fexcite...
ANTIOCHUS
^1 si par le mérite il pouvait s'excuser, (loi n'approuverait pas ce qu'il me fait oser? ^l'orgueil de mes vœux ne faites point de grâce, lais épargnez l'objet qui les force à l'audace. «mais rien de si beau ne parut sous les cieux, Jamais rien de si vif ne sut charmer nos yeux, I^ladifinité c'est l'image visible, Po«r ne l'adorer pas il faut être insensible; % quand ce libre aveu presse votre courroux, J^inalbeur est pour moi, mais le crime est de vous. Quoique près d'expirer sous l'horreur du silence, ^î^nouludc mon feu cacher la violence.
J*ai voulu déguisera quels charmes soumis.. •
STRATONICE
Pourquoi ce long silence à qui tout est permis? Je dois à ce portrait l'aveu de votre flamme; Et sur ce qu'il m'apprend...
ANTIOCHUS
Rendez-le-moi, madame, Mon amour le demande; et, dans son désespoir...
STRATONICE
Ce n'est pas de ma main qu'il doit le recevoir.
ANTIOCHUS
Quoi, me le refuser? 0 rigueur imprévue ! Hé bien, privez mes yeux d'une si chère vue, Vous n'empêcherez pointque gravé dans mon cœur, Du beau feu qui m'embrase il n'augmente l'ardeur. C'est là que, malgré vous, j'adorerai sans cesse Les traits d'une charmante et divine princesse; Qu'un hommage secret lui soumettant ma foi...
STRATONICE
Prince, adieu, c'en est trop.
Madame, écoutez-moi.
Si je ne puis forcer mon amour à se taire. J'ai du sang à répandre, il peut vous satisfaire, Je vous l'offre; et mon mal deviendra plus léger...
STRATONICE
Tigrane qui parait saura le soulager; [dire.
Comme il peut tout pour vous, vous lui pouvez tout