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ANTIOCHUS, ACTE IV, SCÈNE II

Qu'à nos yeux la plus rude à peine est assez forte; Mais, pour vouloir haïr, on n*en aime pas moins. L'ardeur de se venger, par là, de ce qu'on aime, Hausse le prix d'un cœur vainement attaqué; Et sentir dans ce trouble une colère extrême. C'est moins le dédaigner que venger sur soi-même La honte de l'avoir manqué.

Ainsi, ne prétends point avoir éteint ta flamme Par ce brûlant courroux qui te défend d'aimer; Le vif ressentiment qui l'étoufTe en ton âme. Ne fait que l'assoupir pour mieux se rallumer. La seule indifférence est la marque certaine D'un cœur que la raison ou soulage, ou guérit; Et, loin que les transports de colère et de haine De ce cœur indigné puissent calmer la peine. C'est de quoi l'amour se nourrit.

Cependant, quand l'hymen étonne ta constance, Que ta lâche vertu frémit de ton devoir, T'oseras-tu vanter de cette indifférence Qui fait seule acquérir ce que tu crois vouloir? T'apprend-elle à céder à l'oubli nécessaire De tant de vœux secrets que tu te crus permis; Et dans l'instant fatal qu'un destin trop sévère T'avertit que demain tu dois ton cœur au père. Peux-tu ne point songer au fils ?

Dures extrémités, où l'âme partagée...

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