‹ Théatre completChapitre 808 sur 1461 · SCÈNE III STRATONICE, TIGRANE · texte numérisé non relu

SCÈNE III STRATONICE, TIGRANE

STRATONICB.

b revers trop cruel traverse votre flamme bar pouvoir m'étonner du trouble de votre âme; bis, du moins, c'est beaucoup que, malgré sa ri-

[gueur, Vqd triomphe secret vous goûtiez la douceur, fappreods que de vos feux la princesse charmée, phiUaoité d'aimer autant qu'elle est aimée, ;ftqaesarsa constance on ne saurait gagner |ltt immoler la gloire à celle de régner.

f TIGRANB.

AUae, le destin m'est d'autant plus contraire, .|bk moment qu'il m'accable il consent que j'es- Hpardefaux appas éblouissant ma foi, [père ;

le force d'appuyer ce qu'il fait contre moi. ■tiochus renonce à m'ôter ce que j'aime, pArsinoé pour moi la constance est extrême ; p, quoiqu'on fasse enfin, si je les crois tous deux^ Heu oe peut mettre obstacle au succès de mes feux. ItQ prince cependant le déplaisir augmente, 5oQ chagrin est plus noir, sa langueur plustratnanb, si de sa vertu j'ose me prévaloir, [te ;

Sa mort presque certaine étouffe mon espoir : ^gez si mes ennuis en ont moins d'amertume.

STRATONICB.

Peot-étre il n'aime pas autant qu'on le présume ; ^, paisqu'â son bonheur il cherche à résister,

Oq peut croire...

TIORANB.

Âh! madame, il n'en faut point douter:

U princesse le charme, il l'adore, et son âme ■hat à peine suffire à l'excès de sa flamme,

tiais UD plus beau feu ne régna sur un cœur; s un faible service en arrête l'ardeur : Jne peut oublier qu'un sort digne d'envie ïafait sauver ses jours au péril de ma vie ; ^ par reconnaissance il s'obstine à son tour ; Adonner aujourd'hui la sienne à mon amour.

STRATONICB.

Je Yoisce qui vous gêne, une amitié si pure Vous force à refuser ce qu'elle vous assure ; Mais au moins votre amour, dans ce revers fatal, ^^ point à redouter le bonheur d'un rival, ^isqa'à vous préférer la princesse constante, Saura trop...

TIGRANB.

C'est par là que mon malheur s'augmente. On m'apprend que le roi de tant d'amour surpris, M'impute pour son choix ce qu'elle a de mépris. Et que si jusqu'au bout il la trouve obstinée A refuser l'honneur de ce grand hyménée. Comme il m'en croit la cause,ii veut que dès demain Moi-même je choisisse à qui donner ma main. La princesse, par là, de sa foi dégagée, N'aura plus dans ses vœux à rester partagée; Et voyant mon devoir porterma flamme ailleurs, Cédera sans scrupule à des destins meilleurs. S'il est vrai qu'on m'apprête un si cruel supplice. J'implore vos bontés contre tant d'injustice. Par pitié de mes maux détournez-en l'effet, Il suffit de l'effort que mon devoir s'est fait. Pourquoi presser l'éclat d'un désespoir funeste? Ma douleur le commence, elle répond du reste. Et n'aura pas besoin, pour terminer mes jours, De souffrir que mon bras lui prête du secours.

STRATONICE

Si le prince...

TIGRANB.

A ses yeux il faut cacher mon trouble, Et, puisque mon malheur par sa vertu redouble, Je vous laisse empêcher qu'une vaine pitié N'immole dans son cœur l'amour à l'amitié.

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