SCÈNE V ANTIOCHUS, ARSINOÉ
ARSINOÊ.
«Ifoeur,leroime mande,et vous savez pourquoi : mat que je lui parle, il est bon que je sache ^que de vos secrets vous voulez qu'on lui cache. ^rai par votre ordre, et viens le recevoir.
ANTIOCHUS
W-jcàdire, ou plutôt qu*avez-vous à savoir? ittdezTigrane heureux, vous l'aimez, il vous aime.
ABSINOK.
fesaisceque je dois à son amour extrême, his, quand le roi prétend disposer de ma main, N-ceàmoi de braver le pouvoir souverain? m refus vaincra-t*il, et puis-je, quoi que j*ose, plenir un espoir où le vôtre s'oppose?
I ANTIOCHUS
w,ie m'oppose au feu dont vous êtes charmée?
ARSINOÉ
poi,n'avez-vous pas dit au roi que vous m'aimez, wepour moi votre cœur secrètement soupire?
ANTIOCHUS
Ih! Madame, pourquoi me l'avez-vous fait dire? Mre portrait, hélas I
ARSINOÉ
Seigneur, il me suffit.
Je vois ce que, sans vous, je m'étais déjà dit. Vous brûlez pour la rei ne, et l'amour. . .
ANTIOCHUS
Oui, madame, Vous avez, malgré moi, pénétré dans mon âme ; Et ce qu'obstinément j'aurais toujours caché. De ce cœur amoureux vous l'avez arraché. J'adore Stralonice, et l'ardeur qui me presse M'est un ordre absolu de l'adorer sans cesse; Cependant, par l'erreur de ce portrait changé, A vivre sous vos lois on me croit engagé. Tigrane me condamne, et telle est ma contrainte, Qu'il faut par mon silence autoriser sa plainte. C'est à vous, qui causez le trouble où je me voi, A rompre l'injustice où s'emporte le roi, A montrer pour Tigrane un cœur assez fidèle...
ARSINOÉ
Je sais vos intérêts, vous connaîtrez mon zèle. Quelque excès qu'à son feu le roi semble souffrir. Son âge...
Ah! Gardez-vous de lui rien découvrir.
Pour mettre auprès devons mon crime en évidence, Le destin, par surprise, a trahi mon silence; Mais, si vous m*accusez, il n'est rien que ma foi, Pour se justifier, ne tente contre moi. Pour démentir l'ardeur de mon âme embrasée. J'avouerai que c'est vous qui me l'aurez causée, Et que l'honneur me force à mourir de langueur, Pour ne pas à Tigrane arracher votre cœur.
ARSINOÉ
Mais que dirai-je au roi qui veut que j'obéisse ?
ANTIOCHUS
Obtenons que demain son hymen s'accomplisse. Tandis qu'un peu de temps, malgré vos premiers Disposera votre âme à couronner mes vœux, [feux. Regardant ce délai comme un bonheur suprême. Promettez tout alors, je promettrai de même. Et, l'hymen achevé, quoi que veuille le roi. Je vous rends à Tigrane en mé rendant à moi. Mais ne refusez point, pour soulager ma peine. De remettre en mes mains le portrait de la reine. Sa vue adoucira...
ARSINOÉ
J'ai sujet d'en douter.
Mais ce n'est point à moi, seigneur, à résister : Ce portrait est à vous, je saurai vous le rendre. Cependant, pour savoir quel conseil je dois pren* Je vais où Ton m'appelle, et voir ce que le roi, [dre. Pour guérir vos ennuis^ peut attendre de moi.