SCÈNE I AXIANE, ALGINE
AUANE.
Quoi, le sénat députe, et, sans daigner attendre Qu'ici Tambassadeur ail le temps de se rendre, La reine sur ce choix ne consultant que soi, Veut à la Cappadoce enfin donner un roi?
ALCINB.
Vous en étonnez-vous quand Rome s'intéresse A l'époux qu'elle doit choisir pour la princesse? Déjà, depuis longtemps, le peuple à haute voix Afin d'avoir un roi presse pour ce grand choix ; Et comme Aquilius que ce projet amène, ArrÎTant tout à coup peut surprendre la reine,
Ër prévenir son ordre, elle veut aujourd'hui sdoonerseuleunmattre,ets*eD faire un appui. -^vuse de réclat dont la couronne brille, Elle a peine, sans doute, à la rendre à sa fille ; Mais au moins cet époux que son choix seul résout, Ne tieudra rien de Rome, et va lui devoir tout.
AXIANB.
Mais Rome se plaindra de ce choix fait sans elle.
^ )e feu roi mourut armé pour sa querelle, i>a moins dans sa mort même il en reçut le prix lorsque Rome agrandit Tempire de ses fils, £lqu'à la Cappadoce on vit par elle unie UCilicie entière, et la Lycaonie.
ALGINE.
Que ne sont-ils vivants ces fils infortunés. Par qui tous ces États vous étaient destinés! L'hymen qui vous eût jointe à l'aîné de ces princes. Vous aurait fait régner sur toutes ces provinces. Et vos Ciliciens, par ce nœud glorieux. Eussent vu leur princesse au rang de ses aïeux.
AXUNB.
Le ciel, dont contre moi les rigueurs éclatèrent, M'ôta la Cilicie où mes aïeux régnèrent, Et par l'ordre de Rome envoyée en ces lieux. J'y pouvais espérer un destin glorieux.
Du moins Rome, en donnant mes États à la reine. Sembla me réserver au rang de souveraine. Et, pour les voir aux siens plus sûrement unis. Me destina pour femme à l'atné de ses fils ; Mais ils ne vivent plus, et quoique l'on se flatte Que le ciel a sauvé le jeune Ariarate, Arsinoé sa sœur a droit seule aujourd'hui De posséder le rang que j'attendais de lui.
ALCINB.
Aux vœux d'Arsinoé quoi que ce rang promette, Ariarate encor la peut laisser sujette.
Le plus riant espoir nous trompe assez souvent; Que sait-on si ce frère enfin n'est point vivant? Si Ton en croit la reine, il est prêt à paraître.
AXLINB.
Sais-tu d'où vient le bruit qui le force à renaître? La reine que le trûne a toujours su charmer. Fait à regret le roi qu'elle est prête à nommer ; Et des jours de son fils la frivole assurance Tenait toujours l'hymen de sa fille en balance. Qui de son frère encore attendait le retour, Si le peuple ennuyé ne pressait ce grand jour;