‹ Théatre completChapitre 847 sur 1461 · ROMAINS · texte numérisé non relu

ROMAINS

LAODICE. [charmes

Seigneur, qui l'aurait cru, qu'un jour si plein de Dût être un jour pour moi de soupirs et de larmes, Et que venant ici pour finir mes malheurs, La gloire devons voir me pût coûter des pleurs? Pour tout remerctment à votre république. Faut-il que ma douleur avec elle s'explique, Et que de ses bienfaits je lui marque le prix Par le trouble où me met la perte de mon fils? Vous nous le rameniez instruit par de grands mat- A marcher sur les pas de ses dignes ancêtres, [très Et par le dur revers du plus funeste sort, Le moment de sa gloire est celui de sa mort : A ce cruel objet ma raison qui me quitte. Cède aux égarements de mon âme interdite, Et se perd quand je trouve à venger à la fois Et rinjure de Rome et le sang de nos rois.

AQUILIUS.

Madame, je vous plains, et de votre infortune La fatale rigueur semble si peu commune, Quil est bien malaisé qu'avecque moins d'éclat. Votre fermeté cède au coup qui vous abat. Il est rude sans doute ; et quand sa violence Laisse votre âme entière ouverte à la vengeance, Si c'est vous soulager que de vous dire ici Que j'en veux avec vous partager le souci, Ne vous inquiétez que du choix des supplices. Pour savoir le coupable il suffit des complices. Mes soins à le trouver ne sauraient être vains, El vous pouvez déjà le croire entre vos mains.

LAODICE

C'est par là seulement qu'aux ennuis où je cède. Après la mort d'un fils, j'attends quelque remède. Pour satisfaire Rome et remplir cet espoir. Prenez ici, seigneur, un absolu pouvoir. Je sais que d'injustice et d'erreur incapable. Vous saurez séparer l'innocent du coupable, Et que ceux que Tenvie aime à persécuter, Sur un premier soupçon n'ont rien à redouter. Peut-être ma douleur, dans son impatience^ Aurait moins de lumière, et plus de violence; C'est vous qu'elle en veut croire, ordonnez, punis- AQuiLius. [sez.

L'outrage est grand pour Rome, et vous le connais- Mais do quelque rigueur qu'il arme sa colère, [sez; Madame, elle est encor plus juste que sévère; Et, s'il m'en faut partout soutenir l'intérêt. Quand j'ose condamner je réponds de l'arrêt ;

Mais aussi je ne puis qu'au péril de ma tète Voirsansprécautionqu'un grand troubles'apprék; Et je serais suspect moi-même d'attentat, Si j'avais négligé d'en prévenir l'État. J'ai de pressants soupçons qui ne peuvent {Miraltre Qu'on n'ait mis en lieu sûr ceuxqui les ont fait diI- Dans leur juste défense ils seront écoutés ; [tre, Mais je ne parle point s'ils ne sont arrêtés; C'est au nom du sénat que je vous le demande.

ANAXANDRE.

11 n'est rien que sous vous l'innocence appréheode, Madame ; et si d'Oronte on s'obstine à douter...

LAODICE

Où l'ordre est du sénat il faut l'exécuter. Parlez, de qui, seigneur,voulez-vou8qu*ons'assurd

AQUIUUS,

D'Anaxandre. 1

ANAXANDRE. 1

De moi I

AQUILIUS.

Si c'est vous faire iDJare| Le sang des criminels saura le réparer.

ANAXANDRE.

Madame...

LAODICE

Il n'est pas temps, prince,d'enmQnnQreri Qu'on le conduise au fort

ANAXANDRE.

Quoî,jusqu'àrinjus^ Rome n'a qu'à vouloir, il faut qu'on obéisse?

AQUILIUS.

Rome en est incapable ; et quand vous l'offenset.

Théodot, suivez l'ordre, et vous, obéissez.

ANAXANDRE.

Que sans égard au rang...

LAODICE

Obéissez, vous dis-j^ Vous-même vous savez à quoi Rome m'oblige, Contre vous, contre tous, je dois lui déférer, Si le soupçon est faux, on saura l'avérer. Allez, qu'on m'en réponde.

ANAXANDRE.

n faut céder, rnadam Mais pour vous consoler, vous connaissez mon in> Et ne souffrirez pas que l'on me pousse à bout

AQUILIUS.

Suivez, Lucilian, et prenez garde à tout

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