LAODICE, ACTE V, SCÈNE III
^ose de mon destin se faire Finterprèle, fi'épargnez point mon sang, ce sang trop odieux, Qui peut-être en coulant vous Texpliquera mieux. ^Cest (à qa'ayec plaisir vous trouverez, sans doute, Ifô tristes vérités que votre âme redoute, lour combler les malheurs de ce funeste jour, latisfaites la haine au défaut de Tamour ; |me sera plus doux...
^ LAODICB.
N'eu soyez point en peine, ftla satisferai cette invincible haine, ^os soupirs sont contre elle un impuissant appas; pL^ si TOUS rétonnez, vous ne l'ébranlez pas. |qoî, par de faux devoirs vous m'aurez su réduire fc Paveu de Torgueil qui voulait vous détruire, tous aurez dans mon cœur pénétré mes forfaits, ï vos vœux triomphants en seront les effets? [»n, il faut qu'entre nous cette haine en décide, le oCTre le défi du plus prompt parricide ; i du moins, si les dieux ont trompé mon amour, vous en coûtera l'innocence, ou le jour. &ur vous conserver l'une, il vous faut perdre l'auîvcnir ma victime, ou me faire la vôtre, [tre,
Evoas résoudre enfin, quoi qui puisse avenir, t férir par mon crime, ou de le prévenir. ARIÂHÂTE.
I Tain ce vif transport s'empare de votre âme ; 0601 qu'il puisse arriver, vous régnerez, madame. mes vœux n'avaient eu qu'un trône pour objet, n'aurais pas deux ans paru comme sujet, n'aurais pas deux ans par un respect sincère, lé de mériter les bontés de ma mère ; armes à la main, sans craindre son courroux, 'aurais osé paraître...
LAODICB.
* Ah I Que ne l'osiez-vous ?
alors ma haine libre aurait à force ouverte ièié rentier plaisir de jurer votre perte, tmon coeur, qui sans trouble aurait pu l'écouter, irût pas eu contre vous de faible à redouter.
, en vous déguisant, vous m'avez su contrainchérir l'ennemi que j'avais seul à craindre; [dre M flatteuses vertus, par des charmes trop doux, Lt pris intelligence avecque mon courroux; dans ce qu'en mon cœur elles offrent d'amorce, laad il veut vous haïr, il n'en a pas la force, \ tout ce qu'il résout vous Posez détourner. !Ce crime est trop grand pour vous lepardon- Dq en fants immolés par mes trames secrètes, [ner. e laissent encor moins coupable que vous n'êtes.
mille et mille soins rendus jusqu'à ce jour N» m'avez pour mon fils fait naître de l'amour. Nia avez allumé dans le sein d*une mère le ardeur à la fois et détestable et chère, Idont j'ai d'autant plus à craindre les effets, pelle cherche à m'ôter le fruit de mes forfaits. He a beau le prétendre, il faut que j*en jouisse, me je fasse du sang ce dernier sacrifice, ^ que l'ambition que j'allais étouffer.
Reprenne tout l'orgueil qui l'en fit triompher. Dût en gémir cent fois la nature détruite, J*ai trop bien commencé pour trembler de la suite, Pour craindre lâchement de m'immoler vos jours.
ARIARATE.
Hé bien, prenez ce fer s'il vous faut du secours. Puisque ma mort pour vous peut être undouxspec-
[tacle, Hâtez-vous d'en jouir, je n'y mets point d'obstacle. Frappez, percez ce cœur dont les derniers soupirs Furent toujours l'objet de vos plus chers désirs. Effacez dans mon sang ce tendre caractère...
LAODICB.
Laissez-moi donc, ingrat, le pouvoir de le faire; Et quand à vous haïr tout semble m*animer. Arrachez-moi du cœur ce qui vous fait aimer. Otez-moi cette ardeur qui, quoique je l'abhorre. Me fait voir dans mon fils un amant que j'adore. Et qui, bravant l'orgueil qui voudrait son trépas. Sait corrompre ma haine et retenir mon bras. En vain ma dureté de votre vie ordonne, La nature vous l'ôte, et l'amour vous la donne; Et quand l'une du jour consent â vous priver. L'autre vient me séduire afin de vous sauver. Dure malignité du penchant qui m'entraîne ! Les crimes ont toujours accompagné ma haine; Et tel en est pour moi le triste enchaînement, Que, cessant de haïr, j'en fais un en aimant. D'un violent amour la fureur indomptable Me laisse pour mon fils brûler d'un feu coupable, Et mon fils n'est sauvé que par l'indigne ardeur Que mon aveuglement alluma dans mon cœur. Les dieux l'ont résolu, ma résistance est vaine ; Vivez, Ariarate, et faites une reine.
Tandis que je me rends â la nécessité De chercher mon repos et votre sûreté.
ARIARATE.
Où la trouverez-vous pour un fils qui vous aime. Qu'en daignant partager la puissance suprême? Soyez par vos conseils l'appui de ses États ; Et régnant avec lui...
LAODICE
Ne VOUS y fiez pas.
Quoi que j'eusse promis, l'ambition peut-être Étoufferait l'amour qui s'en est rendu maître; Et dans les bras d'autrui ce qu'on aima le mieux. Devient bientôt pour nous un objet odieux. Contre un péril si grand assurons notre vie, Par son ambassadeur le sénat m'y convie. Il m'en ouvre la voie, et j'y saurai pourvoir.
ARIARATE.
Les prières d'un fils auront quelque pouvoir; Et si le temps fait tout, il m'est permis de croire...