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SCÈNE I ANGÉUQUE, LISETTE

LISETTE

Philipin m'attendait par ordre de son maître, Ici dans un moment vous l'allez voir paraître, L'avis lui sera doux.

«ANGÉUQUE.

Lisette, en vérité, Ce que tu me fais faire est bien précipité. Permettre qu'en secret un galant m'entreUeiue/

LISETTE

Voulez-vous que je coure empêcher qu'il ne m-

ANGÉLIQUE. ^Uel

Non ; mais n'est-ce point trop...

USETTE.

Voilà bien des façoDsl Hé, mon dieu, hardiment prenez de mes leçoos, Vous m'en remercierez quelque jour.

ANGBUQUB.

Mais, Uselle, J'accorde une faveur peut-être en indiscrète; Et si de moi par elle Oronte veut juger...

USBTTB.

Quoi, la tante aurait droit de nous faire enrag»* Et vous craindrez...

ANGéUQUB.

Je crains d'affaiblir soa estime.

LISETTE

Un entretien secret n*est pas un si grand cnme; Etd'unjougtrop pressant pour fuir lesdursapprétSi Il n'y faut pas toujours regarder de si près. Pour moi, de tous les maux où l'on s'impatiente» Je n'en crois poi nt d'affreux comme le mal de taotet Il suffoque, et jamais un moment de repos.

ANGÉUQUE.

Toutes n'agissent pas du même air.

LISETTE

En deux mots, La vôtre est une Turque, une Arabe, et le diable N'en fournirait qu'à peine encore une semblable, Elle ne peut souffrir que vous leviez les yeux; Il faut qu'on soit pour elle obligeant, gracieoxt

LE BARON FALBIKRAC, ACTE II, SCÈNE ni.

Qa*on loué à tout moment les beautés qu^elle i AKoéLiQUE. [achète.

Mais sif nous soupçonnant d*une intrigue secrète, EUe nous découvrait, tout serait lors perdu.

LISETTE

Elle attend ce baron si longtemps attendu. \)e miroir en miroir se façonnant la bouche, ■ Elle ôte, et puis remet dix fois la même mouche ; ;D&ns ce soin d'agrément songera-t-elle à vous?

( ANGBUQUB.

Ainsi, c'est tout de bon qu'il lui vient un époux. Est-il assez bien fait pour lui plaire ?

LISETTE

Peut-être En al-je un peu plus ditqu*on n'en verra paraître. Mais sur sa bonne mine il faut nous récrier. Dans la démangeaison de se remarier.

Oie nous en croira.

ANGBUQUE.

Mais, Tafifaire étant faite.

Comme alors elle aura tout ce qu'elle souhaite, ■ Ce rendez-vous secret à quoi bon l'accorder? I Oronte ouvertement pourra me demander.

ï LISETTE.

\ 0»; mais d'où pouvez-vous tirer un sûr indice ' Qi^pour ses durs appas le baron s'attendrisse?

Qv 11 veuille d'elle après qu'il en aura goûté? ; Servons-nous de ce temps pour plus de sûreté, ' Par quelques entretienséprouvez-vous l'un l'autre, fVojez si son humeur se rapporte à la vôtre, iSi toujours elle aura pour vous mêmes appas. JLà, l'aimez-vous un peu?

AMOBLIQOE*

Je ne m'y connais pas, .Mais tantôt près d'entrer, le voyant dans la rue, |Be ma chambre ici-bas je suis vite accourue; I Slj'eusse eu grand dépit qu'on m'eût voulu chasser.

USBTTB.

. {CoDtinuex, ceci n'est point mal commencer.

' j ANGELIQUE.' [visîtC,

,,.|tarailleursy quand on le nomme, ou qu'il nous rend sftain je ne sais quoi fait que mon cœur palpite, dme à le regarder, et, soupirant tout bas, des troubles d'esprit que je ne comprends pas. t qu'il est parti je rêve. Quand on aime, là comme on est, Lisette?

LISETTE

Tout de même.

ur en peu de temps vous en a bien appris, Oronle...

ANGÉLIQUE

U vient. Dieux!

LISETTE

Reprenez vos esprits.

ANGÉLIQUE

ff)Qe lui pourrai-je dire, et...

LISETTE

/ S'il ne faut rien taire,

-f \otti faites l'innocente, et vous ne l'êtes guère.

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