SCÈNE II ANGÉUQUE, LÉANDRE, ORONTE, USETTE
LSAIfDRE.
VoDS vous êtes enfin échappés.
ORONTE
La peinture !«s prêle ce bonheur fort grand, pourvu qu'il lûnoDsieur le baron nous le fait espérer, [dure; //parait n'être pas encor las d'admirer; DixoD douze portraits qu'il voit l'un après l'autre, Ftisant son entretien, ont assuré le nôtre ; DssoDt tous de la tante, et vous pouvez juger Si le bien qu*il en dit a de quoi l'engager. Les louant trait pour trait il lui chatouille l'âme; Q)e peut à son gré favoriser sa flamme, Noos l'en avons laissée en pleine liberté.
ANGELIQUE
fen serai querellée.
LISETTE
Et moi, de mon côté, lais D'importé.
n est vrai qu'il lui doit être rude QqW lui donne sitôt sujet d'inquiétude.
Poisqu'Oronte est pour elle un amant déclaré, Cest mal faire sa cour que s'être retiré Qle eo murmurera.
ANGÉLIQUE
I Je le vois fort à craindre.
ORONTE
lloDmalheurestfortgrand,maisje n'ose m'en plain- II me vient d'une part qui m'est trop à chérir, [drc, Pour craindre d'essuyer ce qu'il faudra souffrir.
ANGÉLIQUE
Qne faire, où la rencontre était si surprenante?
LÉANDRE
SoQteûir qu'il voulait cajoler la servante,
Et qu'accourue au bruit vous lui faisiez leçon.
ANGÉLIQUE
Mais je ne querellais en aucune façon, Et même elle m'avait en entrant écoutée.
LÉANDRE
Qu'il soit donc chevalier de la dame enchantée. Car c'est enchantement qu'aimer à soixante ans.
ORONTE
Vous me raillez?Chacun, peut-être, aura son temps; Que sait-on?
LISETTE, à Oronte, Pour le moins il a cet avantage.
Que si pour notre tante il sucrait le breuvage, Ma foi, vous tireriez votre poudre aux moineaux; n vous supplanterait.
LÉANDRE
Voyez ce que je vaux.
Mon étoile est heureuse, et c'en est une marque.
ORONTE
C'est une rude mer que celle où je m'embarque. Mais je ne compte à rien tout ce que je prévoi. Pourvu que cette belle ait du penchant pour moi. Qu'elle daigne à mon feu permettre l'espérance.
ANGÉLIQUE
J'y vois beaucoup d'ardeur; s'il a de la constance, D'une âa:e généreuse il peut tout espérer.
ORONTE
C'est de quoi cet ami pourrait vous assurer. C'est un autre moi-même, il voit tonte mon âme. Pour plus de sûreté d'une éternelle flamme. Souffrez que devant lui je vous donne ma foi. Qu'il en soit le garant.
LISETTE, à Angélique,
Donnez.
ANGÉLIQUE, donnant la main à Oronte, Je la reçoi; Et pourvu que toujours et sincère et constante Elle soutienne en vous...
LÉANDRE
Prenez garde, la tante...
ANGÉLIQUE
Ah, dieux!
Ne craignez rien, et me laissez* parler. SCÈNE III
LA TANTE dans le fond du théâtre, ANGÉLIQUE, LÉANDRE, ORONTE, LISETTE.
ORONTE
Avant qu'un an ou deux se puissent écouler, Vous aurez une grande et longue maladie.
ANGÉLIQUE
Quel présage !
ORONTE
S'il faut encor que je le die, Cet angle qui se ferme à traits presque tirés. Est la mort d'un parent dont vous hériterez.
ANGÉLIQUE
Bon cela.
ORONTE
De ce bien vous ne jouirez guère.