SCÈNE I ORONTE, LISETTE
ORONTE
Puisqu'il faut essuyer encor cette corvée,
Sois témoin de quel air ma flamme est éprouvée :
Ne quitte point, Lisette, et demeure avec nous.
LISETTE
Vous ne vous sentez pas d'un si cher rendez-vous? Vos yeux brillent de joie.
Elle est étincelante.
Mais n'as-tu point appris ce que me veut la tante?
USBTTE.
Non ; je sais seulement qu'elle m'a dit tout bas Qu*à vous prendre à quartier je ne manquasse pas, Qu'avec vous du jardin ici je me rendisse.
ORONTE
De ses jaloux soupçons il faut fuir la malice : Le refus d'y venir pourrait les éveiller.
LISETTE
Ma foi, nous n'avons pas trop sujet de railler. Dans la rage d'amour où son penchant l'engage. Quoi que pour l'éblouir vous mettiez en usage, Elle vous va serrer le bouton de bien près.
ORONTE
Mais, ayant fait Léandre épris de ses attraits, Cette amorce jetée au moins saura suspendre...
USETTB.
C'est vous être fort mal adressé qu'à Léandre; Ce jeu déjà lui semble un ennuyeux parti.
ORONTE
Je ne sais pas encor comme il en est sorti : Seulement tout riant, sans marques de querelle.
Il est venu nous joindre au jardin avec elle, Et m'a dit en passant que je l'avais joué.
LISETTE
Croyez qu'il vous aura tout franc désavoué.
Qu'importe? J'aurai droit de soutenir saos cesse, Qu'il immole à mon feu la douleur qui le presi Et qu'ainsi je serais et sans cœur et sans foi, Si je faisais pour lui moins qu'il ne fait poar m Mais la voici.