‹ Théatre completChapitre 90 sur 1461 · SCÈNE V D. JUAN, PfflUPIN · texte numérisé non relu

SCÈNE V D. JUAN, PfflUPIN

D. JUAN, heurtant Philipin lorsqu'il va pour entrer, Quivalà?

PHILIPIN.

J'y venais, monsieur, pour vous attendre ; Léonor m'a donné ce billet à vous rendre. Et vous prie instamment de la voir cette nuit : Voilà quel est mon ordre.

D. JUAN, seul.

Où me vois-je réduit 1 Ami, de grâce, écoute. Il fuit, il m'abandonne, Et dans l'obscurité je ne vois plus personne. Quel démon ennemi, quel infidèle esprit A pu lui découvrir que je suis à Madrid? Ah ! je n'en puis douter, la preuve en est trop claire, Don Lope m'a trahi pour tâcher de lui plaire; U l'adore, et j'ai trop reconnu pour mon mal, Qu'en lui j'avais bien moins un ami qu'un rival. 0 disgrâce! 0 malheur à qui tout autre cèdel Mais il faut, s'il se peut, y donner du remède. L'aller voir de ce pas pour détruire l'espoir Qu'un ami déloyal peut déjà concevoir.

Si ce billet aussi n'était qu'une imposture? Voyons auparavant si c'est son écriture; Et s'il est de sa main, allons au rendez-vous, Et tâchons dès ce soir d'apaiser son courroux. Je vois de la lumière, avançons, l'heure presse.

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