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LA MORT DANNIBAL, ACTE II, SCÈNE IV

'esstoDjoars poarvous, prince, mne tendresse ex-

[tréme ; lîouseoDsidértnt comme un autre moi-môme, e croirais démentir un zèle si parfait, i je TOUS déguisais le dessein que j'ai fait. loDcœur Yoas est connu, vous savez qu'il n'aspire toàhraier des Romains le fastueux empire, iqail n'est point d'effort qu'il ne se soit permis OQrlui pouvoir partout faire des ennemis, m'ai pis cherché loin, leurs dures violences Bpiaistnt à choquer les plus vastes puissances ; nex de potentats ont voulu rejeter Mievi joog des fers qu'on les force à porter. kis, quoique de ce joug l'indignité les gène, lorcoorage trop mol secondant mal leur haine, kd TU ces fiers tyrans impuissamment haïs, Hompher jusqu'ici de mes desseins trahis. ir une défiance et basse et trop couverte, iHochos lai-mème ayant causé sa perte, y choisi cette cour, et je m'étais flatté ff trouver moins d'ombrage et plus de fermeté. iiccueil de Prusias, ses offres, mes services, IbB foK attachement m'étaient de sûrs indices. a pies hardis projets m'enflaient déjà le cceur, UiieTois,toutà coup, qu'un Romain lui fait peur. (Mil peut plusluî seul que trente rois ensemble, Uieulnom du sénat il s'intimide, il tremble, 'bit plus; et« craignant l'eiTet de mes desseins^ Rrm'empècher d'oser, il vous livre aux Romains. rloce,[apprend8 par là ce qu'il faut que je fasse, t trouve une autre main quand la sienne se lasse ; Ue me reçoit, prêt à s'unir à moi, tts craindre mes tyrans, il me donne sa foi, ipouse ma fille, et c'en est là le gage, insi vous n'aurez plus à leur servir d'otage; tnoQ départ, roropaut un ordre rigoureux, BQs laissera paisible, et Prusias heureux.

NICOSIÂOB.

Ns perdre est un malheur que mérite mon père ; ^savez-vous, seigneur, ce que vous allez faire? mineurs par cet hymen s'il se doit achever, iiOQs m'assassinez en me voulant sauver. ki pourquoi si longtemps ma trop timide flamme Bst-elle par respect renfermée en mon âme? Wsquoiî Mille devoirs, mille soins empressés, kl soupirs, mes langueurs vous en ont dit assez. ttbien m'avez-vous vu pour la charmante Élise...

ANMIBAL.

Ut pHoce, il ne faut point que je vous le déguise, kl connu votre amour; et, comme il m'a fait voir kemabaine pour Rome a sur vous plein pouvoir, i>^nDé des sentiments que vous prenez contre elle, ^ voudrais par mon sang reconnaître le zèle ; *is, quoi que pour vos feux il puisse m'inspirer, ^ n» connaissez trop pour en rien espérer.

MlGOMàDE.

^eurien espérer ! Ah, seigneur, par quel crime

H« pu mériter de perdre votre estime ?

'Ï'MH que vos souhaits puissent être attachés,

N'avez-»vous pas en moi tout co que vous cherchez? Trouveres*vous ailleurs une àme plus fidèle? Plu8derespectpourvous,p]usd'ardeur,plusdezèle; Cl, si de votre haine il faut prendre la loi. Détester vos tyrans, qui les hait plus que moi?

ANNffiAL.

Je dois vous l'avouer; j'ai beau chercher une àme Que du solide honneur l'intérêt seul enflamme; Ce n'est qu'abaissement dans tout ce que je vois. Et, quandje vous compareavecnosplus grands rois. Dans le faible honteux qu'ils laissent tous paraître, Je ne vois que vous seul qui méritez de l'être. Mais pour moi ce mérite est un bien imparfait; C'est peu qu'en être digne, il faut l'être en effet. Vous dépendez d'un père ombrageux, politique. Jeune encor, déflant, qui craint la république. Vous avez le cceur grand, résolu, ferme, chaud. Prompt, hardi ; cependant c'est un roi qu'il me faut, Un puissant allié, qui, brûlant de me suivre. Se serve des moments qui mo restent à vivre; Je n'en ai point à perdre, et^ dans l'âge où je suis, C'est à moi de presser la fin de mes ennuis. Perdre un jour sans chercher à remplir ma ven- Ce serait avec Rome être d'intelligence; [geance. Je dois à sa ruine un éternel effort, Et rien ne me pourrait consoler de ma mort, Si j'avais négligé de tout mettre en usage Pour lui faire sentir ce qu'a souffert Carthage. J'aime votre personne, et le ciel m'est témoin Que peut-être amitié n'alla jamais plus loin; Mais, quoique je l'éprouve aussi tendre que forte, Je ne puis vous cacher que ma haine remporte, Et que l'une à mon cœur ne peut faire oublier Ce qu'aux transports de l'autre il doit sacrifier. Je vous aime depuis que j'ai su vous connaître; Mais jehais les Romains avant même de naître. A peine au jour encor j'avais ouvert les yeux. Que j'en jurai la perte en présence des dieux. A ces nobles serments j'ai, sans réserve aucune, Immolé biens, honneurs, repos, gloire, fortune ; J'ai vu, sans démentir ce que j'avais promis. Et ma patrie ingrate, et les dieux ennemis. Jugez si l'amitié pourrait, sans infamie, Triompher d'une haine à ce point affermie. Et faire négliger à ses transports mourants L'heureuse occasion d'abaisser mes tyrans.

NiGOMÈDK. [peine.

Hé, plût aux dieux, seigneur, que pour flatter ma Vous connussiez l'amour aussi bien que la haine. Ou que vous jugeassiez de cette passion Par les brûlants transports de votre aversion ! Vous verriez une force égale en l'une et l'autre. Que mon cœur n'est pas moins enflammé que le vê- Et que les tendres feux qu'il renferme au dedans, [tre, Pour être un peu plus doux, n'en sont pas moins ar-

[dents.

Vous verriez que ce cœur ne vit que pour Élise, Qu'il immole à ses pieds repos, gloire, franchise; Et... Pardonnez, seigneur, à ce transport jaloux.

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