‹ Théatre completChapitre 948 sur 1461 · SCÈNE VII ANNIBAL, AXIALE, ÉUSE · texte numérisé non relu

SCÈNE VII ANNIBAL, AXIALE, ÉUSE

ANNIBAL

(est trop voir le destin confondre mon attente, lest temps de fixer votre fortune errante, la fille, et qu'un époux, parle don de sa foi, loQS dérobe aux malheurs que je traîne avec moi. I^as faut du repos, Attale vous rassure, fcsortquimepoursuitj'en craindrai moinsl'injurc, 0 croirai triompher de ses plus rudes coups, .^j'empêche par là qu'ils n'aillent jusqu'à vous.

ÉLISE

(JQ'ilsn'aillentjnsqu'àmoilS'il faut mourirou vivre, CestTotre exemple seul, seigneur, que je veux suiieqnici votre sort a réglé mon destin, [vre^ faiffrez que sans partage il en règle la fin. l'alliance des rois où chacun porte envie, Bè peut rien ajouter à l'éclat de ma vie; fifille d'Annibal, je ne vois point de rang Qui poisse m'élever au-dessus de mon saog. [rête, fenqu'où j'entends votre ordre il soit rien qui m'ar- S TOUS voulez ma main, seigneur, la voilà prête; lliis, quand je la soumets à ce qu'elle vous doit, hiez-Yotts à quel prix Attale la reçoit? flîons livre aux Romains.

ATTALB«

Ah! Madame, je jure fla'onmcfera...

BL1SB, à Attale,

Seigneur, ce peut être imposture; fcis, quand on vous accuse, à vous parlersans fard, l'apparence aux soupçons vousdonne grande part

ATTALB.

^i me tenir suspect, moi, qui...

éUSB.

Sachons, de grâce, l^où Tient que du Romain la colère se passe, ^ que de votre amour dans l'abord irrité, n montre tout à coup tant de facilité, ^qnel charme, un hymen qu'il a traité de crime, ««l-il en un moment devenir légitime, ^ tout à l'heure encor, que peut-on concevoir ^seeret entretien que vous venez d'avoir?

ATTALB.

Saisi d'étonnement, je n'ai que le silence Qui puisse contre vous prouver mon innocence ; Il en devrait bien être un témoin assuré, Si j'étais criminel, je viendrais préparé. Flaminius changé m'accorde ce que j'aime, Son aveu vous surprend, il me surprend moi-même; Et je pénètre mal par quels soins, dès demain, (1 me presse à ses yeux de vous donner la main. Mais ces fausses couleurs qui me peignent coupable, Sont de quelque ennemi le trait inévitable; Et, pour me donner lieu de soupçonner sa foi, Prusias s'est assez déclaré contre moi.

{AAnnîbal.) Il ne saurait souffrir que mon amour obtienne Quevousquittiez sa courpour venir danslamienne, Seigneur, et je crains bien que son chagrin jaloux. Feignant tout contre moi, n'ose tout contre vous. Non qu'on m'en ait rien dit, mais d'un crime sem-

[blable.

Voyez qui de nous deux serait le plus capable. Tandis qu'au vain orgueil de ses chers favoris Sa lâche politique ose immoler son fils, Malgré Flaminius, pour vous je me déclare. J'attends, sans m'ébranler, les foudres qu'il prépare, Et fais que Rome enfin, toute fière qu'elle est, Se soumet à ma fls^me, et veut ce qu'il me plaft. ANNIBAL. [prendre.

Oui, seigneur, c'est en vain qu'on voudrait me sur- Je fais un digne choix en vous prenant pour gendre; Et ces grands sentiments vous mettent au-dessus Des odieux soupçons que ma fille a conçus. Même de Prusias je crains peu la surprise, Il peut vouloir me perdre, en former l'entreprise. Dans ce lâche projet se montrer affermi; Mais le ciel me réserve un plus noble ennemi ; Il ne m'{i pas sauvé des tyrans que je brave Pour me laisser périr aux mains de leur esclave, EtsoufiTrir qu'un parjure, au mépris de sa foi, M'ose faire un destin si peu digue de moi. Il sait ce qu'il me doit; et, s'il avait pu croire Que Rome eût mérité l'éclat de tant de gloire, Il eût su de ma perte honorer les grands noms, Prendre les Fabius, choisir les Scipions, Moi seul je puis prétendre à cet honneur suprême. Et, pour perdre Annibal, il faut Annibal même.

ATTALB.

Ah, seigneur, qui pourrait avoir le cœur si bas...

BLISB, à Attale, Je veux bien n'accuser ni vous ni Prusias, Mais dans ce qu'on publie, il est de la prudence De ne pas s'exposer à trop de confiance.

ATTALB.

Dîtes, dites plutôt que mon espoir est vain. Que vous me soupçonnez pour m'ôter votre main, Et que des feux plus doux l'emportant sur ma flam- BLisB. [me...

Quoil vous croyez en moi tant de bassesse d'âme? Quand j'aurais de l'amour, il saurait m'obéir;

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