SCÈNE IX LE CHEVAUER, OLYMPE, VIRGINE
LE CHEVALIER, bat,
h\ quitté mon brutal pour chercher ce que j*aime.
OLYMPE
N'entends-tu pas du bruit?
VIRGINE
J'écoute, c'est lui-même.
OLYMPE
SoQ retour est bien prompt.
VIRGINE
L'amour l'a fait voler.
Mes VŒUX étant reçus, je puis enfin parler. Eslnre vous, belle Olympe?
OLYMPE
Oui, parlez bas, de grâce.
LE CHEVALIER
l^Q père de ma flamme autorise l'audace ; El, fort de son aveu, je pourrais m'applaudir Sur le flatteur espoir qu'il lui plaît d'enhardir. J'ea prends, je vous l'avoue, assez de confiance i^ar oe balancer plus à rompre le silence; Mais cet aveu, madame, assure peu ma foi,
Voyant tout ce qui doit vous parler contre moi. Quoiqu'il semble à mes vœux donner pleine victoire, Vous demeurez toujours arbitre de ma gloire; Et l'espoir qu'il me souffre est pour moi sans douceur Si je n'ai mérité de toucher votre cœur. C'est lui qu'à cet espoir l'amour veut qu'il consente, Je ne suis point heureux si vous n'êtes contente; Et le moindre soupir à votre âme échappé. Me reproche un pouvoir lâchement usurpé. Aurais-je le malheur de vous en faire naître?
VfRGINE.
Madame, ce début? hem? m'y sais-je connaître?
OLYMPE
Voyons la suite, il peut l'avoir étudié. L'amour hait ce qu'il tient d'un secours mendié; Et tout autre peut-être eût tâché de me plaire Avant que d'employer l'autorité d'un père. N'importe, c'est beaucoup pour flatter voire espoir, Sa parole est donnée, et je sais mon devoir.
LE CHEVAUER.
Si je m'en prévalais vous pourriez vous en plaindre; Mais quoi qu'il m'ait promis, vous n'avez rien à crai n- Pressé de mon amour je ne l'ai fait parler [dre. Que pour être en pouvoir de vous plus immoler* Incertain autrement il agréerait ma flamme. Vous tiendriez vos feux renfermés dans votre âme ; Mais lorsque mon respect vous soumet son aveu, Je vous donne plein droit d'ordonner de mon feu. Sur lui, sur son espoir vous êtes souveraine; Ainsi, dites un mot, sa victoire est certaine, C'est de vous qu'il la veut, prêt à la refuser, Si vos désirs contraints s'y peuvent opposer.
OLYMPE
Ce n'est pas grand elTort que de se rendre maître D'un amour qui ne fait que commencer à naître,
LE CHEVALIER
Que commencer à naître? Ah ! Ne le croyez pas. Je brûle dès longtemps pour vos divins appas. Le respect, il est vrai, jusqu'ici m'a fait taire. Mais je n'en ai pas eu moins d ardeur devons plaire ; Et mes yeux ont trahi les ordres de mon cœur S'ils ne vous ont, cent fois, parlé de ma langueur. A vous chercher partout leur soin était extrême. Au temple, dans la rue» à votre balcon même ; Et les vôtres souvent, par un regard rendu. Ont semblé m'avertir que j'étais entendu.
OLYMPE
Une ardeur si discrète a mérité, sans doute,
De me trouver sensible aux soins qu'elle vous coûte;
Mais ma mémoire en vain vous cherche sur mes pas.
LE CHEVALIER
Vous ne m'avez point vu?
OLYMPE
Je ne m'en souviens pa^.
Je m'en étais flatté ; pour moi je vous ai vue, [vue, Mais cent fois, mais toujours de tant d'attraits pour- Que mes brûlants, transports s'augmentant chaque
[jour.