‹ Théatre completChapitre 990 sur 1461 · SCENE V LE CBEVAUER, OLYBIPE, LUCRÈCE · texte numérisé non relu

SCENE V LE CBEVAUER, OLYBIPE, LUCRÈCE

LB CHBVALIBB.

Iidame, j*ai douté si ce serait vous plaire Jae venir prendre part au boubeurde mon frère ; ^suis né malbeureux, et vois, malgré mes soins, Due souvent j'importune où je l'ai cru le moins. lais l'honneur que sur moi Tait rejaillir sa flamme, Ueque trop de force a pénétré mon âme, pDor De m'avoir pas fait à la fin surmonter I* scrupuleux respect qui voulait m'arrôtcr. Ed'an pareil devoir l'empressement vous gêne, bmoiosdaigoez songer qu'un beauzèlem'amène, Il qu'il ne me fallait qu'avoir le sort plus doux, finir en rendre l'ardeur moins indigne de vous.

OLTMPB.

le dois trop aux bontés du marquis votre frère, ^Hirne pas estimer ce qu'il vous platt de faire, ItTouâ m'avez fait tort quand vous avez douté, S vous hasarderiez cette civilité.

lôoqueje la mérite, et que je dusse attendre ^vous puissiez songer sitôt à me la rendre ; Us j'ai quelque lumière, et, sans rien exiger, km ce que je dois à qui veut m'obliger.

LK CHEVALIER

Ah! Vous ne devez rien, et, quoi qu'on puisse faire, Oa eo est trop payé par l'honneur de vous plaire. Iais,hélas! Quels devoirs si pressants, si soumis Nrraient jamais laisser ce doux espoir permis? Tous plaire est une gloire au-dessus de toute autre, Tout mérite s'efface à voir briller le vôtre ; Cl le bonheur d'uu seul par ses flatteurs appas, Canse bien des soupirs que vous n'entendez pas.

LUCUàCE, bas ù Olympe, Esl-iUlopide?

OLYMPE

Non, j'en suis assez contente; Maisle marquis, c'est bien autre chose, il enchante.

{Au chevalier,) fêtais peu préparée à recevoir de vous ^ éloges conçus en des termes si doux; feles trouve un peu forts.

LE CHEVALIER

S*ils n'ont rien qui vous touche, Cestqu'ils perdent leur grâce en passant par ma

[bouche.

*^â l'absence où je suis tout prêt à recourir, Vous laissera de moi peu de chose à souffrir.

LUCRÈCE

Vous nous abandonnez?

LE CHEVALIER

Paris m'est trop contraire, I ^ ciel depuis longtemps m'y voit d'un œil sévère ; ^peut-élre qu'ailleurs j'aurai le sort plus doux.

OLYMPE

Quel malheur assez grand vous éloigne de nous?

LE CHEVALIER

Celui de trop aimer et de ne savoir plaire.

La dame est bien cruelle.

LE CHEVALIER

Ah , dieux, qu'elle m'est chère !

Quoique ses durs mépris me causent mille maux. Je n'ai pointa m'en plaindre, elle sait mes défauts; J'en dois subir la peine, en aimer la justice.

LUCRÈCE

n n'est point de rigueur que le temps ne fléchisse. Voyez, parlez, pressez, pourquoi vous rebuter?

LE CHEVALIER

Que je presse! Non, non, rien n'est plus à tenter. L'amour plus de cent fois m'a fait chercher sa vue, Je n'en ai parlé qu'une, et cette fois me tue ; Dans cette seule fois elle m'a fait savoir Tout ce qui porte une âme au plus vif désespoir; Dans cette seule fois elle m'a fait entendre...

OLYMPE

Cette façon d'agir ne me peut trop surprendre, Le cœur doit être libre à se IjBiisser charmer. Maison peut, sans mépris, se défendre d'aimer.

LUCRÈCE

Que je lui veux de mail

LE CHEVALIER

Ah ! Non, quoi qu'il m'arrive.

Qu'elle aittoutlebonheur dont sarigueur me prive, Par là mon désespoir peut être soulagé; Et, tout ce que j'en crains, c'est d'en être vengé.

Tant de respect gardé fait voir...

LE CHEVALIER

Adieu, madame.

A trop d'emportement j'abandonne ma flamme. Et, sans doute, j'ai tort de mêler mes chagrins Aux sensibles douceurs de vos heureux destins.

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