SCENE V LE CBEVAUER, OLYBIPE, LUCRÈCE
LB CHBVALIBB.
Iidame, j*ai douté si ce serait vous plaire Jae venir prendre part au boubeurde mon frère ; ^suis né malbeureux, et vois, malgré mes soins, Due souvent j'importune où je l'ai cru le moins. lais l'honneur que sur moi Tait rejaillir sa flamme, Ueque trop de force a pénétré mon âme, pDor De m'avoir pas fait à la fin surmonter I* scrupuleux respect qui voulait m'arrôtcr. Ed'an pareil devoir l'empressement vous gêne, bmoiosdaigoez songer qu'un beauzèlem'amène, Il qu'il ne me fallait qu'avoir le sort plus doux, finir en rendre l'ardeur moins indigne de vous.
OLTMPB.
le dois trop aux bontés du marquis votre frère, ^Hirne pas estimer ce qu'il vous platt de faire, ItTouâ m'avez fait tort quand vous avez douté, S vous hasarderiez cette civilité.
lôoqueje la mérite, et que je dusse attendre ^vous puissiez songer sitôt à me la rendre ; Us j'ai quelque lumière, et, sans rien exiger, km ce que je dois à qui veut m'obliger.
LK CHEVALIER
Ah! Vous ne devez rien, et, quoi qu'on puisse faire, Oa eo est trop payé par l'honneur de vous plaire. Iais,hélas! Quels devoirs si pressants, si soumis Nrraient jamais laisser ce doux espoir permis? Tous plaire est une gloire au-dessus de toute autre, Tout mérite s'efface à voir briller le vôtre ; Cl le bonheur d'uu seul par ses flatteurs appas, Canse bien des soupirs que vous n'entendez pas.
LUCUàCE, bas ù Olympe, Esl-iUlopide?
OLYMPE
Non, j'en suis assez contente; Maisle marquis, c'est bien autre chose, il enchante.
{Au chevalier,) fêtais peu préparée à recevoir de vous ^ éloges conçus en des termes si doux; feles trouve un peu forts.
LE CHEVALIER
S*ils n'ont rien qui vous touche, Cestqu'ils perdent leur grâce en passant par ma
[bouche.
*^â l'absence où je suis tout prêt à recourir, Vous laissera de moi peu de chose à souffrir.
LUCRÈCE
Vous nous abandonnez?
LE CHEVALIER
Paris m'est trop contraire, I ^ ciel depuis longtemps m'y voit d'un œil sévère ; ^peut-élre qu'ailleurs j'aurai le sort plus doux.
OLYMPE
Quel malheur assez grand vous éloigne de nous?
LE CHEVALIER
Celui de trop aimer et de ne savoir plaire.
La dame est bien cruelle.
LE CHEVALIER
Ah , dieux, qu'elle m'est chère !
Quoique ses durs mépris me causent mille maux. Je n'ai pointa m'en plaindre, elle sait mes défauts; J'en dois subir la peine, en aimer la justice.
LUCRÈCE
n n'est point de rigueur que le temps ne fléchisse. Voyez, parlez, pressez, pourquoi vous rebuter?
LE CHEVALIER
Que je presse! Non, non, rien n'est plus à tenter. L'amour plus de cent fois m'a fait chercher sa vue, Je n'en ai parlé qu'une, et cette fois me tue ; Dans cette seule fois elle m'a fait savoir Tout ce qui porte une âme au plus vif désespoir; Dans cette seule fois elle m'a fait entendre...
OLYMPE
Cette façon d'agir ne me peut trop surprendre, Le cœur doit être libre à se IjBiisser charmer. Maison peut, sans mépris, se défendre d'aimer.
LUCRÈCE
Que je lui veux de mail
LE CHEVALIER
Ah ! Non, quoi qu'il m'arrive.
Qu'elle aittoutlebonheur dont sarigueur me prive, Par là mon désespoir peut être soulagé; Et, tout ce que j'en crains, c'est d'en être vengé.
Tant de respect gardé fait voir...
LE CHEVALIER
Adieu, madame.
A trop d'emportement j'abandonne ma flamme. Et, sans doute, j'ai tort de mêler mes chagrins Aux sensibles douceurs de vos heureux destins.