PARURE
CAROLINE
Que de pardons j'ai à vous demander, monsieur le comte! Vous avez attendu.
LE COMTE
C’est moi, madame, qui ai des excuses à vous faire. Oser me présenter ainsi en habit de voyage! Jai couru toute la nuit, tant j'avais hâte d’arriver.
CAROLINE
Eh! mon Dieu! Vous devez être horriblement fatigué !
LE COMTE
Oui, d’abord; mais depuis quelques lieues, je ne m'en apercois plus. Un beau pays! des chemins superbes !
A ;CAROLINE
Que dites-vous ? Des routes affreuses! des précipices , des fondrières! Tous les jours il arrive des accidens.
28 VALÉRIE
LE COMTE
Vraiment, vous m'effrayez, et je vais vous prier de faire des vœux pour moi, qui suis obligé de continuer mon voyage.
Comment, monsieur, vous repartez?
LE COMTE
Oui, madame; des affaires indispensables. Il faut que je sois ce soir à Olbruk ; mais, avant, je vous ai fait demander un instant d'entretien pour vous parler au sujet de ce testament.
CAROLINE
Voilà justement ce que je ne souffrirai pas. Quand on a passé une nuit en voiture, il faut d’abord songer à se reposer; et je vais donner des ordres pour vous faire préparer un appartement. ë
LE CONTE, la retenant.
Mais, madame, j'ai eu l'honneur de vous dire. CAROLINE.
J'ai très bien compris. L'idée la plus déraisonnable! Vous irez demain à Olbruk, et aujourd’hui vous dinerez avec nous; sans cela, je ne parle point d’affaires; vous en serez réduit à traiter avec mon procureur; et si vous êtes pressé, je vous plains; car 1l n’a jamais pu finir un procès.
LE COMTE
Voilà une perspective beaucoup plus effrayante que les précipices et les fondrières dont vous me menaciez tout à l'heure ; car c’est avec vous seule, ma: dame, qu'il me serait doux de m’entendre. C’est vous