BLUM ET LOUISA
Mais uu instant, de grâce apaisez-vous.
Daignez calmer votre courroux.
MAURICE
Taisez-vous; si j'afais mon sapre, je l’aurais déchà
passé au travers de ton intifitu.
BLUM
Par exemple.
Faites donc létonné; n'est-ce pas mademoiselle Louisa ?
BLUM
Mademoiselle Louisa !
BRIGITTE
La maîtrese de Maurice, ou plutôt la vôtre.
BLUM
Vous pourriez supposer. monsieur Maurice...
mademoiselle Brigitte.
BRIGITTE
Enfin, monsieur, comment mademoiselle se trouvet-elle chez vous?
MAURICE
Répontez; pourquoi est-elle ici ?
LOUISA
Oui, monsieur, pourquoi y suis-je ? est-ce que je le sais?
BLUM
Hé bien! et moi donc? car à la fin, la patience m'échappe, et je m’en prendrai à tout le monde; je demanderai sil est possible de placer un citoyen honnète et paisible dans une suite non interrompue de situations équivoques, qui compromettent son
ACTE IH, SCÈNE VII. 253 honneur ou son existence. Que diable ! il faut que ca finisse, ou je me fâcherai aussi.
BRIGITTE, s’élançant à Blum pour les séparer. O ciel! monsieur Blum !
LOUISA , s’élançant de même près de Maurice. De grâce, monsieur Maurice...
MAURICE
Finissons, car il être tard; temain matin, à cinq heures, ché fiendrai avec deux sapres.
BLUM
Pour quoi faire ?
MAURICE
Et temain, vous comprenez, l’un de nous teux, il ne décheunera pas.
BLUM
O ciel!
MAURICE
En attendant, matemoiselle Louisa, fous allez avoir la ponté de fair... que je contuise vous chez vos parens.
BLUM
O ciel! et moi à qui on l’a confiée sur ma tête, je ne souffrirai pas.
BRIGITTE
Taisez-vous, perfide; et vous, mon cousin, allez, qu’on ne vous revoie plus.
(Elle fait sortir Maurice , qui emmène Louisa ; et elle empêche Blum de les suivre , en lui ordonnant de rester dans la chambre. )