GEORGES , FRÉDÉRIC
FRÉDÉRIC
Eh bien ! quelles nouvelles?
GEORGES
D’excellentes! j’ai trouvé votre honime; il roule maintenant sous: bonne escorte, dans une voiture qui va le conduire à la maison de santé dont vous m'avez donné l'adresse.
FRÉDÉRIC
Ah! mon cher Georges , comment te témoigner ma reconnaissance? et quelle sera la joie de sa fille! je la quitte à l’instant, et elle ne croyait pas avoir si tôt le bonheur de revoir son père.
GEORGES
Ce bonheur-là ne sera pas sans mélange; car je l'ai trouvé bien mal. | FRÉDÉRIC.
Vraiment ?
GEORGES
Oui, monsieur; le cerveau est bien malade, plus que vous ne croyez ; il a même eu un accès de fureur concentrée,
FRÉDÉRIC
Ah! mon Dieu! et tu.n’as pas peur qu'il ne s’échappe ?
GEORGES
Impossible ! un cadenas à chaque portière. Quand je me mêle de quelque chose. ( On entend M. de Berlac qui, en dehors, s’écrie : Ce ne sera pas ainsi; je ne veux pas cela.
FRÉDÉRIC
O ciel! c’est lui que j'entends.
GEORGES
Non, monsieur, vous vous trompez.
FRÉDÉRIC , regardant à la porte de la chambre du fond à droite. Je le vois d'ici; il monte l'escalier, en causant avec madame Presto et ta prétendue. Regarde plutôt. GEORGES.
Je le vois bien; mais ce n’est pas celui-là.
FRÉDÉRIC
Eh! ie te dis que si; je le connais bien , peut-être, c'est M. de Berlac lui-même.
GEORGES, étonné.
M. de Berlac! Ah ! ça, et l’autre?
FRÉDÉRIC
Quel autre ?
GEORGES
L'autre fou. Il faut donc qu'ils soient deux. FRÉDÉRIC.
Que le diable t'emporte, et l’autre aussi! Mais il ne faut pas qu'il n'aperçoive.