ACTE II, SCENE Il. 31 AMBROISE
C’est bien aisé à dire. Il ya là surtout un aveugle qui fait un bruit...
LE COMTE, vivement.
Un aveugle, dis-tu? Tiens, donne ma bourse à celui-là.
* AMBROISE, étonné, et regardant la bourse.
Qu'est-ce que’cela signifie D manu ri Ah! mon Dieu! voilà une ressemblance... et si vous n'étiez pas monseigneur, je croirais que vous êtes ce brave jeune homme... qui l’année dernière. à Paris. chez le docteur Forzano.…..
LE COMTE, avec dignité.
Hein ? qu'y a-t-il?
AMBROISE
Pardon, monseigneur, je me trompe sans doute. Il me semblait au premier coup d'œil... Mais quelle différence! ce bel équipage! ces grands laquais ! monseigneur est bien mieux. (4 pat.) L'air plus noble
d’abord.
LE COMTE
Qu’avez-vous donc ? que voulez-vous dire?
AMBROISE
Rien, monseigneur, je croyais reconnaître les traits... (Leregardant) Allons, allons, au fait, il y a quelque chose. (Haut) Les traits d’un jeune homme que j'avais vu à Paris, ét qui m'avait parlé d’Olbruk, ma patrie.
32 VALÉRIE
Ah? ah!tu es d'Olbruk? tu connais le château de Rinsberg?
AMBROISE
Si je le connais! Ces quatre grandes tourelles. LE COMTE.
Je veux parler de ses habitans! Peux-tu me donner des nouvelles de la comtesse de Rinsberg , de sa fille Émilie, et de cette jeune personne qui était chez elle, Valérie?
AMBROISE
Mademoiselle Valérie! elle est ici, chez madame Blumfeld , son amie.
LE COMTE, vivement.
Elle est ici! (Seremetant) Eh bien, mon ami, je reste; c’est bien. Dis à madame Blumfeld que j’accepte l’appartement qu’elle a eu la bonté de m'offrir. Il faut aussi que je lui parle... mais auparavant, écoute, y a-t-il ici un homme d’affaires, un notaire?
AMBROISE
Pas précisément. Il n’y en a qu’un pour cette résidence et les trois villages voisins; de manière que quand il se trouve le même jour un mariage et un testament...
LE COMTE
C'est bien. Envoiele chercher à l'instant, qu'il vienne me parler ici, en secret; en secret, entends-tu bien ? et surtout n'en dis rien à personne.
AMBROISE
J'entends: cette fois-ci, ce ne sera pas pour un