‹ Theatre Complet. Tome 9 Valerie Seconde EditionChapitre 208 sur 306 · LE · texte numérisé non relu

LE

Arn: Voulant par ses œuvres complètes.

Nos malheureux actionnaires

Qui, dès long-temps, ne touchaient rien, Ont vu tous vos mœurs exemplaires,

Ont vu votre amour pour le bien.

Ont vu votre vertu si grande;

Et tout ce qu’ils ont vu chez vous

Leur à donné l'espoir bien doux

De voir enfin un dividende,

CANIVET

Je ne puis pas vous dire quelle importance j'attachais à cette place, que me disputait vivement notre receveur-général. D'abord, la considération personpelle, et puis, d'immenses intétêts particuliers qui y sont liés. Enfin, mon cher M. Simon, il faut qu’avant la nomination définitive vous me présentiez à ces messieurs.

SIMOW.

C'est très facile. Venez ce soir au bal que je leur donne.

CANIVET

Comment , vous donnez un bal ?

SIMON

Oui , dans mon logement, ici dessus. C’est la première fois que cela m'arrive; mais j'y suis obligé. Il faut bien faire comme tout le monde. Sans cela, et si on n'avait pas comine eux l’air de se ruiner , on passerait pour un avare. Maintenant, la plupart des affaires se discutent au bal : ce qui fait qu’elles se traitent un peu plus légèrement.

CANIVET

Que voulez-vous que j'aille faire à votre bal, moi

qui ne suis pas homme de plaisir ?

SIMON

Soyez tranquille, dans ces réunions-là on ne s’amuse pas.

CANIVET

Alors je viendrai, mais c’est un sacrifice.

SIMON

Je vous annoncerai à nos actionnaires. Vous causerez ; vous y ferez votre partie de piquet, si toutefois nous trouvons un adversaire de votre force; car vous avez, dit-on, une réputation.

CANIVET

Arr: Restez, restez, troupe jolie.

C'est là ie jeu de la sagesse.

SIMON

Et vous le jouez savamment.

CANIVET

Je suis, sans vanter mon adresse, Le plus fort du département ; Mais c’est mon seul amusement.

Et la jeunesse moins frivole

De ce jeu devrait faire un cours ; Avec le temps l’amour s'envole, Mais le piquet reste toujours

CRegardant autour de lui.) C’est singulier, M. Frédéric ne rentre pas.

SIMON

Ah ça ! quel intérêt prenez-vous donc à mon jeune locataire ?

Page 1