SCÈNE XII. 375 CANIVET
Qu'est-ce que c’est ?
Aus de l’Écu de six francs. V'là justement le difficile ; Je n'ose pas en vérité.
CANIVET, lui tournant le dos.
En ce cas laissez-moi tranquille.
NANETTE , à part.
Allons, le v'là de l’autre côté.
Comment alors fair’ sa conquête ?
Car pour l’am’ner à m’embrasser, 1 m’ semble qu’il faut commencer Par lui faire tourner la tête.
(Haut.) Monsieur...
CANIVET
Encore ?
NANETTE
Eh quoi ! vous refusez de m’écouter ? vous qui pa-
raissez si bon !
CANIVET , se levant.
Puisqu’il n’y a pas moyen de vous faire taire, par-
lez, pourvu que vous vous dépêchiez.
NANETTE , avec une feinte émotion.
Hélas! vous voyez une personne bien embarrassée
et bien chagrine.
CANIVET
En vérité ! Oh ! à votre âge on ne manque pas de consolateurs ; adressez-vous, par exemple, à M. Frédéric.
Voilà justement comme vous êtes dans l'erreur, et il faut que je vous explique.
C'est inutile, je vous crois sur parole.
NANETTE
M'accuser sans m'entendre, refuser d'écouter une pauvre fille qui vous en supplie! je n’aurais jamais cru cela de vous, d’un homine si respectable !
CANIVET
Elle a raison; au fait, je dois l’écouter.
NANETTE
Ah ! je suis bien malheureuse !
CANIVET
Mais, qu'avez-vous done, ma chère enfant ?
NANETTE, à part.
Il a dit : Ma chère enfant. {Haut , avec une douleur affectée.
Ah!
CANIVET, à part.
En effet ; il est possible que cette pauvre fille soit honnête. (A Nanette.) Voyons, parlez.
NANETTE, à part, avec satisfaction.
Le voilà qui s'approche. (4 canive.) Eh ! bien, mon-
sieur... (Apat.) Qu'est-ce que je m'en vais lui dire? (Baut.) Eh! bien, vous saurez donc.