SIMON , SAINT-EUGÈNE, THOMASSEAU
THOMASSEAU , sortant de la salle de jeu.
(A Saint-Eugène ) En vérité, monsieur, c’est très-mal
à M. Frédéric. Comment ! il prend le diner au Café
de Paris, et les glaces chez Tortoni, qui est notre
ennemi naturel! Au surplus, on ne fait pas grand
honneur aux rafraîchissemens du confrère; ils sont trop occupés à jouer, surtout ce grand monsieur.
SAINT-EUGÈNE
Oui. (Bas , à Simon.) C’est encore M, Canivet. THOMASSFAU.
Il paraît qu’il avait d'abord gagné ces messicurs au piquet; on lui a demandé une revanche à l’écarté,
qu’il a bien fallu accorder, et il a gagné encore plus de mille écus.
SIMON
Mille écus !
SAINT-EUGÈNE
Quelle horreur ! moi qui suis de moitié avec lui. THOMASSEAU.
Il faut que ce soit un joueur de profession; il retourne toujours le roi, ce qui n’est pas naturel : aussi, ces messieurs, qui perdaient toujours, commencaient, à se fâcher.
SIMON
À lui de pareils défauts ' THOMASSEAU.
Des défauts ! il les a tous: le jeu, il y est; le vin, il y était tout à l'heure; et les femmes! vous le savez, J'ai surpris mamselle Nanette en tête à tête avec lui.
SIMON
Jugez donc les gens sur leurs discours ! Moi qui étais sa caution, je n’en réponds plus ; je m'en vais le faire entendre à nos actionnaires.
SAINT-EUGÈNE
Et vous avez raison; car ; à vos actionnaires,
11 faut des actions et non pas des.
SIMON , regardant éans le salon du fond , à droite,
Eh ! mais qu'est-ce que je vois | les voici, ce sont eux ; ils sonten train de danser. Comment se trouventils ici? Peu importe, l'essentiel est de les avertir. M. Canivet se justifiera s'il le peut. (ut sont.) (L'orchestre
reprend (rès-fort, }