GAUCHE , EST OCCUPÉE A DESSINER
CATHERINE , entrant.
Comment? mademoiselle Marie, vous êtes restée à la maison toute seule à travailler? vous n'êtes pas à la promenade du matin ?
MARIE
Non; mais je les ai vus partir. La cavalcade était magnifique : mon oncle était dans la calèche; Malvina, ma cousine , était à la portière, et elle a tant de grâce à cheval; elle monte si bien!
CATHERINE
Joli talent, pour nne demoiselle !
MARIE
Et où est le mal ?
408 MALVINA
CATHERINE
Les convenances avant tout, mademoiselle, les
convenances ; et quand je pense aux accidens. MARIE.
Il n’y avait rien à craindre, puisque M. de Barentin, ce jeune élégant, qui est l'ami de la maison, caracolait à ses côtés, sur son beau cheval anglais.
CATHERINE
Son cheval , qui appartient à monsieur votre oncle. MARIE.
Comme il s’en sert toujours, c’est le sien.
CATHERINE
À ce compte, cette maison de campagne serait aussi la sienne.
Ain du Ménage de garçon.
Sans façon , et deux ans de suite, Il est venu loger ici.
MARIE , quittant son dessin , et allant auprès de Uatherine.
C'est un jeune homme de mérite, Un philosophe sans souci, Un sage, qui n’a rien à lui.
CATHERINE, Je conçois bien cette sagesse, Car il peut, grâce à son apiomb, Se passer toujours de richesse, Tant que les autres en auront.
Il peut se passer de richesse , Tant que les autres en auront.
MARIE
Toi qui, l'année dernière, l'avais vu arriver avee tant de plaisir !