MALVINA, EN AMAZONE ET LA CRAVACHE A LA MAIN
DUBREUIL , BARENTIN, MARIE
MALVINA
Je le savais bien, qu’il m’obéirait.
DUBREUIL
Comment ! cette barrière , tu l’aurais franchie ? MALVINA.
Trois fois de suite ; mon cheval ne s’est abattu qu'à la dernière, DUBREUIL.
Imprudente que tu es | et il ne C’est rien arrivé ? MALVINA.
J'étais à terre avant lui.
MARIE
Et tu n’as pas eu peur ?
MALVINA
Si, un instant ; mais il y a, dans le danger quel'on brave, une certaine émotion qui n’est pas sans plaisir.
Et tu n’as pas pensé à ton vieux père, qu'une pa-
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reille imprudenece pouvait condamner à des regrets éternels ?
ni MALVINA
Ah ! vous avez raison; je me le reproche maintenant. Pardonne-moi, mon père, cela ne m'arrivera plus.
| DUBREUIL
En attendant, c’est tous les jours quelque folie pareille. Depuis que je t'ai laissé faire ce voyage à Londres, tu a pris des manières anglaises, tu n'es plus de notre pays. | |
MALVINA
Ah! mon père!
DUBRFUIL.
Et notre pays en vaut bien un autre, entendezvous, mademoiselle ? Je ne suis pas un Anglais, je ne suis pas un milord , grâce au ciel, car je ne les aime pas; j'ai fait ma fortune dans le commerce, je Pai faite en France, et je ne me soucie pas de la manger en pays étranger : et ici, depuis quelque temps,
Are : I me faudra quitter l'empire.
On est plutôt à Londres qu’en Bretagne :
Romans anglais, paris, course à cheval, Combats de coqs; enfin dans ma campagne, On prend du thé, qui loujours me fait mal, Et que je hais par goût national. L Mais te bordeaux , mais le champagne même.
C'est différent : ce sont mes vieux amis;
Et fier du sol qui nous les a produits, Lorsque je bois de ces bons vins que j'aime, Je crois que j'aime encor plus mon pays.