‹ Theatre Complet. Tome 9 Valerie Seconde EditionChapitre 275 sur 306 · ACTE I, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE X

MALVINA

Et qu'en dites-vous ?

ARVED.

Rien encore.

MALVINA

Comment ? votre idée à vous ?.…

ARVED.

Je n’en ai pas, j'attends les vôtres, et je crains bien qu’elles ne me soient pas favorables. Je me connais, ma cousine, je me rends justice; et plus Je vous regarde, plus je trouve de raisons pour que vous me refusiez ; mais je n’en vois aucune pour que vous doutiez de mon amitié, et j'espère que vous me traiterez du moins comme un frère et un ami.

MALVINA, lui tendant la main.

Arved !

ARVED.

A la bonne heure; le premier pas est fait, et nous allons nous entendre. Voyons, ma jolie cousine, ces projets que nos pères avaient formés depuis longtemps. ce bonheur qu'ils avaient arrangé pour nous, sans nous consulter. ce mariage, enfin, ne vous plaît pas beaucoup?

MALVINA

Mais.

ARVED. |

Il vous déplaît, je comprends, et je m'explique maintenant la froideur de votre accueil; vous redoutiez mon arrivée, vous aviez peur de moi. Ah! je suis bien malheureux d’avoir pu vous causer un instant

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de crainte ou de chagrin! Si j'avais pu le penser , je vous aurais crié, en arrivant: « Ma cousine, embrassez-moi et aimez-moi; je ne vous épouse pas. » MALVINA.

Vraiment | une telle générosité.

ARVED.

Mon Dieu ! cousine , pas de remerciemens, je suis fait à ces malheurs-là , et ça ne n’étonne pas : je n’ai jemais pu être aimé, je ne suis pas né pour cela. Tout ce que je puis faire, c'est de chérir les gens de tout mon cœur, de tout sacrifier au monde pour les rendre heureux; mais pour leur plaire, pour m'en faire aimer, pour les prévenances , les soins, les attentions, en un mot, pour tout ce qui est essentiel, je n’y entends rien. I! me serait plus aisé de me faire tuer pour une personne que j'aime, que de lui adresser un compliment. Vous comprenez alors qu'avec un pareil système je n'ai pas dû être étonné de votre refus, je m'y altendais; et je cours trouver mon oncle, pour tout lui raconter.

MALVINA, le retenant.

Non... mon père. ce mariage lui tient tellement à cœur, que, quand il saura mon refus , il m'accablera de reproches; il me maudira peut-être |

ARVED.

O ciel!

MALVINA

Et cependant, comment faire ?

ARVED, Eh bien! voyons, ma cousine, il ne faut pas vous

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