SCÈNE VII
CAROLINE, HENRI, gr est entré un peu avant la fin de la scène précédente et qui a vu le comte baiser la main de Caroline.
HENRI
A merveille!
CAROLINE
Ah! vous voilà, mon cher Henri!
HENRI
Oui, madame; je reviens trop tôt sans doute! Ah! Caroline! est-ce avec moi, est-ce avec votre ami que vous devriez avoir recours aux ruses de la coquet-
terie ?
CAROLINE , regardant à gauche , et de la main faisant signe à Henri ° de se taire.
Silence. Taisez-vous.
HENRI, continuant.
Quel mérite avez-vous à me tromper? Ma confiance, mon respect n’égalaient-ils pas mon amour? (Caroline faisant le même geste.) Caroline, vous ne m'écoutez même pas! D’autres pensées vous occupent, et votre ame tout entière est loin de moi!
CAROLINE , regardant toujours du côlé par où le comte est sorti.
Je l'avoue, je suis d’une inquiétude...
HENRI
Pour lui?
CAROLINE
Oui; l'événement est si incertain !
HENRI
Apprenez donc... dussé-je redoubler encore le trouble et l'émotion où je vous vois... apprenez que le comte de Halzhourg vous abuse, qu’il aime Valérie.
CAROLINE , froidement.
Oui, il en est amoureux fou, je le sais.
HENRI
Quoi! vous le savez, et vous l’aimez encore ? CAROLINE, le regardant avec tendresse.
Presque autant que vous. Et prenez garde, car je n'ai qu'un mot à dire pour que vous partagiez l’affection que j'ai pour lui.
HENRI
Pour celui-là, c’est autre chose.
CAROLINE
Eh bien, monsieur, apprenez donc, avant tout, qu'il n’a jamais aimé que Valérie, et qu’il ne venait ici que pour l’épouser.
HENRI
Comment ! il serait vrai? Ah! l'honnête homme! Je cours le remercier. (Revenant.) Vous êtes bien sûre au moins qu'il l’épousera ?
CAROLINE
Pourrait-elle le refuser ? C’est à ses soins généreux que, dans ce moment, peut-être elle doit la lumière.