‹ Théâtre complet. Vol. 1-8 (volume 2)Chapitre 134 sur 305 · ACTE I, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE X

cherches à me rassurer comme si j'en avais besoin... Mais il est très naturel que Le Hercheur raconte ses duels à ma femme.

TENCIER.

Oui... j'oublie toujours que nous ne sommes pas de la même espèce. Moi, quand ma maîtresse cause avec quelqu'un ou se laisse embrasser la main, je vois rouge, je lui fais une scène, je la fais suivre par des agences jusqu'à ce que je sois sûr quelle me trompe.

BRANCOUR.

Et alors...?

TENCIER.

Et alors, je la quitte. Et, le lendemain, je la reprends, parce que, dans la nuit, il m'est venu des doutes sur sa trahison... C'est une existence insupportable, mais je ne peux pas en mener d'autre.

BRANCOUR, riant.

Et voilà mon associé!... Et, comme ça, Le Hercheur embrassait la main de ma femme? Ne me cache pas l'horrible vérité!

TENCIER.

Oui, mon ami, il lui embrassait la main et j'aime mieux te le dire puisque ça paraît te faire plaisir.

BRANCOUR.

Ça ne me cause ni plaisir ni ennui... Ce n'est rien, c'est un geste sans aucune importance... Non, mais me vois-tu à trente-cinq ans, dans ma situation, avec deux mille ouvriers à conduire, me préoccupant de ce détail? (Entre Colette.) Colette, bonjour... Qu'est-ce que vous avez à rire ? Racontez-nous ça !

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