SCENE V GERMAINE, HECTOR
HECTOR
Germaine, c'est moi !
GERMAINE
Ah ! oui... c'est vous... Et il faut que vous en ayez de l'aplomb pour me relancer jusque chez le concierge de Tencier !
Je sais... oui, je sais tout ce que cette démarche a de délicat et même d'incorrect si vous voulez 1 Mais on ne discute pas avec la passion... Depuis
hier, je suis dans une inquiétude mortelle... Moi qui, d'ordinaire, ai un sommeil d'enfant, je n'ai pas fermé l'œil de la nuit... Enfin! que s'est-il passé hier soir ? Gomment votre mari a-t-il appris?
GERMAINE
Oh! non... non... ne nous perdons pas dans ces détails. Ce n'est pas pour vous raconter ça que je vous ai prié de monter chez Tencier... Oh ! je ne doute pas que je vais vous faire heaucoup de chagrin, mais il faut des situations nettes... Le Hercheur, nous ne devons plus nous revoir.
HECTOR
Répétez... Vous dites?
GERMAINE
Je dis que nous ne devons plus nous revoir.
HECTOR
Jusqu'à quand ?
GERMAINE
Nous ne devons plus jamais nous revoir !...
HECTOR
Jamais ?
Jamais !
HECTOR
Germaine, s'il était dans mon caractère de rire de ces choses-là, je rirais !... Je vous aime depuis deux mois avec une ferveur et une sincérité dont je ne me croyais pas capable; j'ai la certitude aujourd'hui que vous m'aimez et vous me demandez de renoncer à cet amour ! C'est un jeu, n'estce pas? Ce ne peut être qu'un jeu !
GERMAINE
Voyez-vous, Le Hercheur, je crois décidément