ACTE I, SCÈNE VI .Vil
HÉLÈNE
Et OÙ allez-vous demeurer ?
MARGUERITE
Chez notre tante d'Arley qui m'offre l'hospitalité... Jai besoin d'ailleurs de compléter mon éducation. Je vais donc bien travailler et, l'année prochaine, je te rejoins.
HÉLÈNE
A moins que je ne vous marie d'ici là.
MARGUERITE
Non, je ne me marierai pas, parce que je serais trop difticile... et jamais je n'épouserai quelqu'un qui croirait me sauver en m'épousant... Je ne me marierai pas par à peu près.
SÉBASTIEN
Ne dis donc pas d'enfantillages.
MARGUERITE, à Hélène.
Il appelle ça des enfantillages !... Allons ! ne bavardons plus... Je suis venue te chercher d'abord pour embrasser madame Ardouin et ensuite parce qu'il te manque des papiers et que tu n'auras que le temps de te les procurer.
HÉLÈNE
Quand arriverez-vous à Paris?
Demain, à six heures du matin... Pourvu qu'il n'attrape pas froid dans le train et qu'il ne débarque pas avec un bon rhume ! Tu m'enverras une dépêche tout de suite... Et je vous la communiquerai, madame, si ça peut vous faire plaisir.
342 HÉLÈNE AHDOUIN
HÉLÈNE
Ah ! certes oui, ma chérie !.,.
MARGUERITE
Vous permettez que flous nous retirions !
HÉLÈNE, rt'/léchissaul cl altâiii ù un pcl'il hiifcau.
Monsieur Real, voulez-vous vous charger d'une petite commission pour moi ?
SÉBASTIEN
Certes...
HÉLÈNE^ l'criviint.
J'ai à Paris une vieille cousine, mademoiselle Messany, que vous avez peut-être rencontrée autrefois à la campagne, chez mon père.
SÉBASTIEN
Je me la rappelle parfaitement.
HÉLÈNE
C'était une femme excellente, d'une bonté admirable... Allez un de ces jours lui porter ce mot de ma part... Et vous verrez comme elle Vous recevra... Et si vous ne le faites pas pour Vous, faites-le pour moi.
SÉBASTIEN
Je n'y manquerai pas, madame, je vous le promets.
MARGUERITE
D'ailleurs, il ne faut pas qu'il vive comme un sauvage... Ah! la sauvagerie! Méfie-toi, Sébastien, tu as ce défaut-là... Madame, c'est le garçon le moins sociable qu'il y ait au monde. . . Je compte beaucoup sur Paris pour le civiliser... Allons, viens !