‹ Théâtre complet. Vol. 1-8 (volume 2)Chapitre 240 sur 305 · ACTE II, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI

MOULAINE.

Et je n'ai pas encore eu le plaisir de vous voir chez moi !

SÉBASTIEN

J'ai craint d'abuser de votre temps.

MOULAINE.

Mon temps, mon ami, est à vous... il est à Barois... il est à tous mes compatriotes... Et je vois que nous n'avons pas suivi la carrière du papa et que nous avons reçu une forte éducation scientifique... Tant mieux! tant mieux! Vous êtes dans le vrai, jeune homme! C'est ce qui nous a manqué à nous autres ! Enfin, puisque j'ai le plaisir de vous rencontrer, vous allez me faire l'amitié de dîner avec nous pour la fin de la semaine... nous fixerons le jour demain... et je vous enverrai un mot.

SÉBASTIEN

Trop aimable, monsieur le député.

MOULAINE.

Nous aurons le ministre de l'Instruction publique... (Souriant.) J'espère que vos opinions politiques ne vous empêchent pas de dîner avec un ministre?

SÉBASTIEN, sourinut miKsi.

Mes opinions politiques?... Je vous avoue que je n'en ai pas.

MOULAINE, rivement.

Mais c'est un tort!

HÉLÈNE, qui est resti'e prés d'eux.

Mais oui, monsieur Real, c'est un tort, un grand tort !

MOULAINE.

Si vous n'avez pas d'opinions politiques à votre

âge, à quel âge enaurez-vous? Prenez les miennes, jeune homme !

SÉBASTIEN

Je ne voudrais pas vous en priver.

MOULAINE.

Ah! Ah! nous sommes gai... et même un peu sceptique... Ma foi, ça ne me déplaît pas... A bientôt.

(Il lui tend la main.)

CABANIÈS, se leniiil >-t ,•/ iiuifluDit' La IhmheUc.

Mais trop heureux, madame, de vous être

agréable... (il s'avance vers Sébastien et ils restent seuls tous les deux dans un coin du salon pendant que les autres invités sont rangés autour de madame La Houhelle.) Cher

monsieur, madame La Houhelle vient de me parler de vous comme d'un garçon très distingué.

SÉBASTIEN, étonné.

Ah!

CABANIÈS.

D'ailleurs, il n'y a qu'à vous voir... Je suis sûr que vous n'êtes pas un polichinelle.

SÉBASTIEN, riant.

Merci.

CABANIÈS.

Oui... je m'exprime un peu brusquement... Mais ça ne fait rien. Je dis toujours à peu près ce que j'ai à dire. Un mot avant tout : vous suis-je antipathique ?

SÉBASTIEN

Quelle question !

CABANIÈS.

Réfléchissez. Moi, par exemple, je suis très sensible à la première impression... Etes-vous comme moi? Oui, vous ne savez pas où je veux en venir. Je vais vous le dire, ce sera plus simple.

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