ACTE I, SCENE XV
LAHURE
Non, parce que je n'en ai pas... Mais je trouve touchant que, dans le malheur, ce soit à moi qu'elle s'adresse.
LA COMTESSE
Vous trouvez ça touchant ? Moi, je trouve ça cynique. Je vous prie de ne plus me parler de Bianca, n'est-ce pas? Ah 1 j'ai travaille pour vous tout à l'heure.
LAHURE
Votre journal, encore !
LA COMTESSE
Les bailleurs de fonds sont Godfish, Villerbois et Branchin. Ça vous suffit ?
LAHURE
Oh ! oh ! c'est autre chose, alors, c'est autre chose... Ce ne sera pas un journal léger, j'espère ?
LA COMTESSE
En tout cas, s'il y a des choses légères, ce n'est pas vous qui en serez chargé. Maintenant, allez faire votre cour à Godfish et à ces dames... Bemuez-vous, intriguez... Voulez-vous mon opinion ? C'est Godfish qui sera le maître là dedans.
LAHURE, l'éfléchissant.
Godfish?...
LA COMTESSE
Oui... Le petit Maugraine croit que ce sera lui, ce sera Godfish.
LAHURE
Tiens, tiens ! C'est très intéressant, comtesse, ce que vous me dites là... j'y vais... j'y vais...
(Le domestique entre et tend une carte ù la comtesse.)
Ah! oui, c'est la fille de ma vieille amie... Henriette Gortèze... Qu'elle entre ! qu'elle entre ! (A Lahure.) Et VOUS, ne soyez pas bête une fois dans votre vie !
LAHURE
Oui... oui... j'ai une idée.
(Il va vers le fond. Entre Luce.)