‹ Théâtre complet. Vol. 1-8 (volume 2)Chapitre 269 sur 305 · SCÈNE VI SÉBASTIEN, CABANIÈS · texte numérisé non relu

SCÈNE VI SÉBASTIEN, CABANIÈS

CABANIÈS.

Ce rastaquouère ! J'ai failli me fâcher , ma parole ! Au fait, Sébastien, je n'ai pas besoin de vous recommander la discrétion...

SÉBASTIEN

Soyez tranquille, monsieur Cabaniès, il ne sor-

tira jamais de ma bouche un mot qui puisse vous compromettre ni vous faire le moindre tort.

CABANIÈS.

D'autant plus, mon petit — je vous confie ça entre nous — qu'il y a un certain genre d'affaires dont je veux me débarrasser... Eh ! que voulezvous? au début dune carrière, on prend ce qu'on trouve... on tire sur le gibier qui passe!... C'est comme ça que j'ai été amené âme mêler d'histoires de jeux que je vais jeter par dessus bord... Je ne vous dirai pas que j'ai des excuses. Car un homme comme moi n'invoque pas d'excuses : il est vainqueur ou vaincu, il perd ou il gagne, et il n'a pas d'opinion sur les moyens qu'il emploie pour gagner ou pour perdre... Eh ! eh ! ça vous paraît monstrueux ce que je vous débite là?

SÉBASTIEN

Monstrueux, c'est le mot. Mais vous avez trop d'intelligence et même de cœur pour le dire sincèrement.

CABANIÈS.

Ce diable de Sébastien ! Dites donc? j'espère que vous n'allez pas me prendre pour un coquin? Ça me ferait beaucoup de peine !

SÉBASTIEN, froidemenl.

Vous avez été trop bon pour moi et je vous ai trop d'obligation pour me permettre de vous blâmer...

CABANIÈS.

Eh ! mon cher, que voulez-vous? J'ai toujours été un peu ea dehors de la société... Je n'ai pas reçu d'éducation, je n'ai reçu que des coups... et ce que vous considérez peut-être comme des crimes, pour moi, c'étaient des faits de guerre, simplement... Mais aujourd'hui, c'est fini... L'an-

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