ACTE I, SCÈNE IV
vali:rie.
N'importe, je crois le mériter... huit ans d'une fidélité absolue... (Sur un rer/ard de la comtesse.) Naturellement je ne parle pas de...
LA COMTESSE
Bien entendu.
VALÉRIE
Ça, c'est une exception... J'étais folle,., vous vous rappelez? J'aimais!...
(ja ne compte pas.
VALÉRIE
Villerbois n'en a jamais rien su... D'ailleurs, vous savez... même à ce moment-là, je lui ai fait une vie très heureuse... Quand je l'ai rencontré, il devenait vieux garçon, il s'ennuyait... Avec son immense fortune, il aurait tini par être la proie de quelque intrigante. De mon côté, j'étais seule... je sentais l'heure venue de m'appuyer sur un homme raisonnable. Notre liaison a été parfaite. Je n'ai rien à lui reprocher, et ce qu'il aurait, lui, à me reprocher, il l'ignore... Alors!
LA COMTESSE
Et la famille de Villerbois ?
VALÉRIE
Ça, -c'est le point noir. Qu'est-ce qu'elle va dire, je n'en sais rien, mais elle dira certainement quelque chose. Or, je ne veux pas m'imposer à elle; cependant, je n'accepterai jamais qu'elle me tourne le dos. Enfin ! tout ça est une alfaire de tact... 11 faut du temps... Voyez-vous, ma chère, à Paris, la considération pour une femme, c'est une question de patience.
i 6 LES FAVORITES
LA COMTESSE
Très vrai... très juste.
VALÉRIE
Aussi, je pousse beaucoup Villerbois à mettre de Targent dans ce journal. Voyez-vous, chère amie, un journal qui aurait derrière lui des capitalistes comme Villerbois, comme le baron Godfish, comme Branchin, car Branchin en sera à cause de Marguerite Howard qui veut entrer au Français, ce journal présentera une grosse influence, pas seulement politique ou financière, ça, ça m'est égal, mais mondaine, vous comprenez? mondaine.
LA CO.MTESSE.
Oui, en effet.
VALÉRIE
Allez, que ce journal se fonde, qu'il réussisse, et Villerbois lui-même sera stupéfait de la façon dont on m'accueillera dans sa famille... Voici Marguerite.
^Entre Marguerite. Poignées de uuiin. « Chère comtesse. — Chère amie. -)