SCENE XII ALINE, MADAME BRANCHIN
ALINE, rei'pnnnt en sr(''no et lisant.
Eh bien ! on ne la traite pas mal. la petite dame! « Le délicieux talent... » on a même
132 LES FAVOUITES
effacé « talent » et on a mis « génie » à la place .. « Le délicieux génie de cette femme... » (Regardani de plus près.) Mais c'cst Técriture de mon mari !
(Regardant encore.) Oui... c'cst llli qui a cffacé
« talent » et qui a mis « génie » à la place.
(Allant à madame Branchin.) VoyCZ, VOyCZ donC... MADAME BRANCHIN.
Oui... peut-être... Qu'est-ce que ça prouve?
ALINi:.
Ça prouve qu'il lui trouve du génie, voilà tout!
MADAME BRANCHIN, riunl
Mais non... mais non... on écrit ça...
ALINE
Vous ne le connaissez pas, il est très sincère I... C'est un homme qui a besoin d'admirer une femme... A moi aussi, il m'en a trouvé autrefois du génie... le génie de la politique. 11 me le disait tout le temps: « Tu as le génie de la politique... » Il ne me le dit plus... voilà tout... C'est à elle !
MADAME BRANCHIN.
Chère amie, ne vous énervez pas pour unihot!...
ALINE
Admirer cette petite femme ! C'est que je sais où ça le conduit, l'admiration! (Enervée.) Ah çà ! il se moque du monde de nous faire attendre ici à deux
heures du matin. (Elle va à la porte par où eut sorti à l'instant Bourdolle, comme pour le chercher, en murmurant:) Ah! elle a du génie? (Alors, elle entr'ouvre la porte, regarde et la referme vivement en étouffant un petit cri.) Oh !
MADAME BRANCHIN.
Eh bien ! quoi?