SCÈNE PREMIÈRE L.\ COMTESSE, VALÉRIE
La comtesse.
Ce que vous me racontez là, ma chère, me stupéfie !... Il faut vraiment que vous me l'affirmiez !
Valérie.
Oui... il y a quinze jours aujourd'hui que monsieur Bourdolle et sa femme ne se sont pas adressé la parole... Il y a quinze jours que Bourdolle n'est pas rentré chez lui... Le bruit de la séparation ne s'est pas encore répandu. On a prétexté des voyages... le journal... Aline a passé quelques jours dans le Berry, chez sa mère... Aline, c'est madame Bourdolle.
LÀ COMTESSE
Oui, je sais.
VALÉRIE
Je suis tout à fait au courant de la situation
par Hélène Branchin... Quelle charmante femme! Vous ne la connaissez pas?
LA COMTESSE
Je lai aperçue deux ou trois fois... Oui, elle est charmante.
VALÉRIE
Et quand on pense que Branchin la trompe avec une Marguerite Howard! Bref, pour en revenir à Bourdolle, on dissimule tant qu'on peut... Combien de temps retardera-t-on le scandale? Je l'ignore... (juant à moi, mon devoir est
tout tracé... (Prenant la main de la comtease.) Et j'ajOUtc
notre devoir à toutes les deux, ma chère amie... Oui... oui... nous nous devons, vous et moi, de faire l'impossible pour amener une réconciliation entre les Bourdolle... Car nous sommes plutôt de ce monde-là, n'est-ce pas?
LA COMTESSE, souriant.
Vous surtout, ma chère.
VALÉRIE
Mais vous aussi... vous aussi... par votre tact... par votre distinction. Enfin ! je crois que nous avons besoin l'une de l'autre. Vous, agissez sur Bourdolle.
LA COMTESSE
C'est ma spécialité avec lui. Je fais ses ruptures.
VALÉRIE
Vous allez le voir cet après-midi, je suppose?
LA CO.MTESSE.
Oui... on s'est donné rendez-vous ici... entre la conférence et le dîner... Au fait? je ne vous ai pas aperçue à cette conférence !