SCENE PREMIERE VÉLAIID, JULIETTE
VÉLARD.
Gomment, mademoiselle Juliette, c'est vous qui prenez la peine de faire mon petit ménage?
JULIETTE
Oui, monsieur Vélard. Ça vous contrarie ?
Non. Mais...
JULIETTE
Soyez tranquille, monsieur Vélard, je suis aussi discrète que maman. Elle a été obligée de s'absenter ; alors, elle m'a dit : « Tu garderas la loge et tu te tiendras à la disposition de monsieur Vélard. »
VÉLARD.
En ellet, j'ai envoyé la cuisinière et le valet de chambre en courses.
ACTK III, SCKNT I 433
.niJETTr:.
Je sais... maman m'a dit... chaque fois que vous attendez cette dame blonde, vos dome-^tiques sont en courses
VÉLARD.
Pardon, mademoiselle Juliette... Votre mère, qui est si discrète, n'a dit cela qu'à vous, j'espère .'
JULIETTi;.
Certainement.
VÉLARD.
Elle ne l'aurait pas raconté, par hasard, à ses collègues, les concierges des immeubles voisins?
JULIETTE
Oh ! monsieur Vélard, pour qui la prenez-vous?
VÉLARD.
Ni à monsieur le marchand de vins du coin?
JULIETTE
Oh ! jamais.
VÉLARD.
Ni aux principaux commerçants du quartier?... Me voilà rassuré
JULIETTE
Alors, monsieur Vélard, qu'est-ce que je dois faire quand la dame blonde viendra? (Un temps.) Si elle vient!
VÉLARD.
Gomment, si elle vient! Mais, qu'est-ce qui vous permet de supposer qu'elle ne viendra pas?
JULIETTE
Oh! monsieur Vélard, je disais cela...
4;Vt U[-\ PERD GAGNE
VKLARD. fiirifur.
Pardon, madGiiioiselle Juliette, vous êtes élève de comédie au Conservatoire. Vous devez connaître la valeur des mots... Expliquez-vous clairement •
J(JLlb.'lTK.
C'est que nous avons remarqué, avec maman, que la dame ne venait pas toutes les fois que vous l'attendiez...
\"i:LAiii).
En cITet, l'observation est juste. Elle vient une fois sur trois.
JULIETTE
Mais je ne voulais pas vous faire de la peine... parce qu'il faut savoir respecter l'amour sincère, et nous voyons bien, maman et moi, que, cette fois-ci, vous êtes véritablement épris.
VÉLARD, l'inii
Merci, mademoiselle Juliette, c'est exact... Tenez, mettez ces tleurs dans la chambre... (Juliette
entre dans la chambre avec /es jlenr::., Elle devait veuil"
à deux heures... il en est trois... plus qu'une heure à attendre... Ah! je n'eu prolite guère «lu voyage de FarjoUe à Londres! En iiuit jours, elle est venue deux fois... y compris aujourd'hui où elle n'est pas encore venue !
JULIETTE, rcnlrunl.
C'est tout, monsieur!
VÉLAnD.
Tenez, prenez la clef du petit escalier. Vous empêcherez qui que ce soit de monter, pendant que la dame sera là.