DUVERNET
J'ai coupé toute la fin.
JULIA
Avec tout ça, mon engagement à l'Odéon est dans l'eau... C'est le plus clair.
MONTl-EURAN.
Mais, au contraire, jamais il n'a été plus sûr, votre engagement à l'Odéon... J'en réponds.
Auici?:.
Et nous, monsieur? Vous vous occuperez de nous?
OENOXE.
Oh ! oui, monsieur, ça vous est si facile.
MOXTEKRRAN.
Soyez tranquilles... Ou'est-ce que vous voulez faire? de la tragédie?
AUICIE.
Non... j'en ai assez... J'aimerais mieux l'opérette.
OENOXE.
Moi aussi, mais à la condition de ne pas trop chanter.
DES AXGES, .1 Montft'riiin.
Des clientes à moi... Beaucoup d'avenir.
.MOXTFEHRAX. couitiil Marc.scot (jui cuusc ilait.s un cvin ;ircc Lazarr.
Connaissez-vous notre président, docteur?
DES AXGES.
Je n'ai pas cet honneur.
MOXTFERHAX.
Venez... ji s'nvunce rers Marescoi., Citoyen Marcscot, permettez-moi de vous présenter notre ami, le docteur Des Anges, le chirurgien que toutes
ces dames s'arrachent. . . Marescotsimline. a Dex Anges: >
Docteur, notre président, le citoyen Marescot, un des fondateurs de la République... C'est à lui que nous devons d'être ce que nous sommes.
Acriî m, scKNi; \i 111
MARESCOT, iruii Ion agressif et ironique, entre Munlforruu. Des Awjes, Lazare un peu en arriére.
Vous exagérez beaucoup l'importance de mon rôle, citoyen Montferran, et ce que vous êtes, ce n'est pas à moi que vous le devez. Modeste héritier des traditions révolutionnaires, mon ambition se borne à ce qu'on me rende justice sur un point... C'est que mon intérêt personnel a toujours été iiors de cause.
MOXTFERRAX.
Votre désintéressement est légendaire, citoyen.
MARESCOT. arec un peu (reiiipli;ise.
Je ne suis pas de ceux qui se sont fait, de nos glorieux principes, un tremplin pour parvenir à la fortune ou au pouvoir, et le terrain révolutionnaire, fertile pour tant d'autres, n'a jamais produit pour moi que des ronces et des pierres.
DUVERXET, srloifptant.
La barbe !
DES ANGES, le suirunl.
La vieille barbe!
MONTFERRAX, .7 Murcscul. rompanl les rliieiis.
Notre grande artiste, madame Dorfeuil, serait fière, citoyen, de vous être présentée... Nous n'avons guère eu le temps ce soir...
MARESCOT, rnipru-s-sé.
Comment donc!
MONTFERRAN, à Julia.
Le citoyen Marescot, un de vos admirateurs...
MARESCOT, saluant.
Je n'aime pas la pièce, j'ai dit tout à l'heure làdessus ma façon de penser; mais, ces réserves
112 l'attentat
faites, je dois déclarer que vous lavez jouée supérieurement et avec un succès mérité...
.TtLIA.
Oui, le vieux, foutez-vous de moil...
(Elle lui tourne le dos et s'éloigne.) MARESCOT. su/fo,fiir.
Par exemple !...
LAZARE, se r;ipj)V(ivh;int de son pèfe.
C'est trop fort !
MARESCOT. ,7 Lazare.
Tu vas voir si je me laisse marcher sur le pied.
MONTFERRAN. conciliant, à Murescol.
Je vous en prie... excusez un peu d'énervement; les artistes, vous savez...
MARESCOT
Citoyen Montferran, je n'ai pas plus de chance chez vous, ce soir, avec les concierares qu'avec leurs filles, i /.n=are.j Viens, fiston!
jrLIA. furieuse.
Qu'est-ce qu'il dit?
(Désordre. Le docteur essaye de calme}' Marescol en l'entrainanl dans la galerie. OEnone. Aricie. Duvernet. entourent et retiennent Julia.
MOXTFERRA.X, à Julia.
Julia, voyons, soyez raisonnable!... pas de scandale !...