ACTE IV, SCÈNE VI
ôtcs la parente de l'inculpé, la fille d'un frère de monsieur Marescot, n'est-ce pas?
CKCILK.
Uui, monsieur le juge.
BIZOT
Et par conséquent la cousine de Lazare Marescot. (Signe de Cécile.) Bien. VouS vivcz près de
votre oncle?
CKCILK.
C'est lui qui m'a recueillie à la mort de mes parents.
BIZOT, Li rcuiiriLtnl.
Vous avez donc vécu fraternellement à côté de Lazare Marescot. depuis votre toute première jeunesse, vous connaissez son caractère, ses habitudes...
CKCILK.
Je le crois, oui, monsieur le juge.
BIZOT
Vous a-t-il fait parfois des confidences sur ses projets d'avenir, sur ses ambitions?
CÉCILE
Nous en parlions souvent, autrefois?
BIZOT
Autrefois?
CÉCILE
Je veux dire à un moment qui n'est pas très éloigné et oii il y avait vraiment entre nous une intimité de frère et sœur.
BIZOT
Vous aviez donc remarqué que depuis peu, il s'était produit en lui un certain changement?
144 l'attentat
CECILE, virement.
Oh! non... monsieur le juge... Ce n'est pas cela que j'ai voulu dire.
BIZOT
Voyons... que vouliez-vous dire? Faisiez-vous allusion à un fait quelconque?
Non... non... Lazare me tenait peut-être moins au courant de sa vie qu'autrefois, voilà tout. Cela tient à ce que je le voyais moins régulièrement. Il était sans place... il en cherchait une... ce qui l'attristait un peu.
BIZOT
Je vais vous poser, mademoiselle, une question assez délicate. Vous m'y répondrez dans la mesure où vous croirez devoir le faire.
CÉCILE
Je vous répondrai franchement.
BIZOT
A ces projets d'avenir, projets dont vous parliez ensemble, est-ce que Lazare Marescot ne vous a jamais... mêlée?... Un mariage entre vous était tout ce qu'il y a de plus naturel.
CÉCILE, — (;/i lemj)s.
Je l'ai cru d'abord... Peut-être y a-t-il pensé... lui aussi, un instant, je ne sais pas. En tout cas, c'était passé... c'était passé...
(Elle n les Innnes aux yeux.) BIZOT, (loucemeiU.
Et à quoi attribuez-vous ce changement?