ACTE IV, SCÈNE VII
(ians la démagogie puisque les anarchistes tirent sur moi... Et mes adversaires, quand je passerai au premier tour, n'oseront plus dire : « Il a payé... » Ils seront bien forcés de dire : « Il a payé de sa personne ! »
BIZOT
Il n'en faut pas davantage pour devenir populaire.
MONTFERRAN.
En tout cas, je sens qu'aujourd'hui j'existe !
BIZOT
Vous vivez de votre blessure, si j ose mexprimer oinsi.
MONTFERRAN.
C'est ça. (Un temps. J Vous avez vu dans les journaux illustrés la photographie de ma balle?
BIZOT
De votre balle?
MONTFERRAN.
Oui, après l'extraction... Ma femme et moi, nous en avions les larmes aux yeux. Et les interviews et les caricatures!... Ah! la presse a été parfaite pour moi.
BIZOT
Elle comprend que vous avez fait un grand pas.
MONTFERRAN.
Dites un bond!... Mais, reconnaissons-le, à situation nouvelle, devoirs nouveaux... Certes, je reste encore dévoué à la démocratie, mais j'ai le devoir et le droit de lui dire : « Tu n'iras pas plus loin, ou tu me passeras sur le corps! » Je représente désormais l'extrême limite des concessions permises. Au delà, c'est l'abîme, la nuit, le néant.
L ATTENTAT
BIZOT
Très bien.
MOMKERRAX.
Voilà ce que m'a fait comprendre l'attentat... qui est, en réalité, une espèce de régicide... de régicide en détail, il m'a remis dans le droit chemin. Jamais je n'ai aussi bien vu la nécessité d'un gouvernement fort.
BIZOT
Ah ! comme vous avez raison !
MONTFERRAN.
L'humanité, hélas! mon ami, est faite de telle façon que, donner la liberté aux uns, c'est presque toujours l'enlever aux autres !
BIZOT, riant.
Et l'on se demande alors s'il ne vaudrait pas mieux l'enlever à tout le monde.
MONTFERRAN.
Nous sommes en présence du s:ros problème politique contemporain : création d'un parti dans lequel la sécurité et la liberté du travail se combineront avec les réformes nécessaires.
Vous en êtes le chef désigné.
MONTFERRAN.
Je veux être du moins un de ses fondateurs. Et je compte sur vous, magistrat, pour m'y aider. Car nous ne pouvons pas nous passer l'un de l'autre. Je fais les lois : vous les appliquez.
BIZOT
Vous savez que je vous suis tout dévoué.
ACTK IV, SCIlNE VIII 153
MONTFliKRAN.
J'ai découvert en moi un besoin de combat que je ne me soupçonnais pas. Jusqu'ici, pour lutter, il m'avait manqué une chose...
BIZOT
Quoi?
MONTFKHRAX.
Des adversaires. Aujourd'hui, j'en ai... (On
frappe.) Entrez!... (Voi/nnl entrer mailre Barelle el riant.)
En voici même un des plus dangereux...