ACTE I, SCKNE IX
MARIANNE
Te remercier?
MAURICE
Oui, je l'ai recommandé à Limeray qui est allé le voir en me quittant.
MARIANNE
Ecoute : ça, c'est trop fortl... Non seulement tu refuses une affaire pareille, mais tu la donnes à un de tes confrères, toi-même!
MAURICE
Il fallait toujours un avocat à Limeray, n'est-ce pas?... Alors, autant le jeune Langlade que nous connaissons... De quoi ris-tu?...
MARIANNE
Tu ne te fâcheras pas?
MAURICE
Non.
MARIANNE
Eh bieni ce n'est pas pour me vanter, car il ne m'est pas très sympathique, et je le trouve assez fat, mais je le crois un peu amoureux de moi, ton jeune Langlade.
MAUltlCE.
11 te l'a dit?
Ohl non... jamais, par exemple. Je ne l'ai vu d'ailleurs que chez madame...
MAURICE
Je devine, ne prononce pas le nom... Un temps. ) 11 ne manque pas de talent.
MARIAN.NE
Tu trouves que tout le inonde a du talent, toi! Pense-le, si tu veux, mais au moins ne le dis pas.
184 I.ADVERSAIIIK
\rAlIHICE.
Bon... bon!... Ah! maintenant, pour passer à des sujets plus intéressants, nous allons revoir Chanl raine...
MARIANNE
Oh! tant mieux!
MAURICE
Il te plaît, celui-là, au moins?
MARIANNE
C'est un homme charmant, je ne dis pas le contraire; mais ce n'est pas une raison pour ne fréquenter que lui.
MAURICE
J'adore cet rtre-là!... Je ne peux pas m'en passer... 11 me manquait beaucoup!... C'est un sage.
MARIANNE
Un sage qui a blessé un homme et une femme à coups de revolver, merci!
Je ne comprends pas encore comment il a fait ça... Je l'ai expliqué dans une plaidoirie excellente, mais je ne l'ai jamais bien compris.
MARIANNE
Où était-il donc qu'on ne l'avait pas vu depuis trois mois?
MAURICE
En province. II m'a écrit ce matin une lettre assez singulière pour me dire qu'il était rentré à Paris, et qu'il viendrait me voir tantôt... Tu l'inviteras à dîner pour ce soir.
MARIANNE
Oh ! avec plaisir!
(Entre madame Gvèconrt.)