ACTE I, SCÈNE XII
LANGLADE
Madame... (il serre la main que lui tend Marianne. —
.4 Maurice:) Limeray sort de chez moi... Je vous remercie, cher ami, je suis très touché de ce que vous avez fait.
MAURICE
Bah!
LANGLADE, à Marianne.
11 faut que vous sachiez, madame, qu'un confrère qui en recommande un autre, c'est un phénomène exceptionnel dans toutes les professions, mais que, dans la nôtre, cela prend un caractère plus particulièrement miraculeux.
MARLWNE.
Mon mari s'est donc conduit en bon confrère, voilà tout!
LANGLADE, à Maurice.
Vous connaissiez Limeray, d'après ce qu'il m'a dit ; qu'est-ce que vous en pensez?
MARL\NNE, faisant le geste de sortir.
Je vous laisse.
MAURICE
Mais non... mais non... tu peux rester si ça t'intéresse... et je parie que (;a t'intéresse?
MARIANNE
Beaucoup.
MAURICE
Alors, assieds-toi... (a Lamjiade:) Ce que je pense de Limeray?
LANGLADE
Oui.
MAURICE
Eh bien! j'ai pour lui le genre d'estime qu'on doit avoir pour un homme qui aurait pu être arrêté depuis si longtemps et qui ne l'a été qu'hier.
L ADVEHSAinE
LA.NGLADE, rlniil.
Parfait! Quoique ce ne soit pas un argument pour le jury...
MARIANNE
Il m'a paru fort bien élevé, en tout cas, très correct.
MAURICE
Il est d'une excellente famille. Son père était magistrat en province. Rassurez-vous, il est mort.
LANGLADE
Au point de vue financier... (A Marianne:) Vraiment, madame, nous ne vous ennuyons pas ?
MARIANNE
Au contraire, au contraire.
LANGLADE, « Maurice.
Au point de vue financier, savez-vous que l'affaire de Limeray ne me paraît pas si mauvaise au premier abord ?
MAURICE
Mais non, elle n'a que le tort d'être un peu en opposition avec les lois du pays. C'est une bonne atl'aire qui a rencontré une mauvaise loi.
Très bien, très bien!... M'autorisez-vous, si j'en trouve l'occasion, à répéter?...
MAURICE
Mais je serai très tlatté...
LANGLADE
Je crois que c'est le ton dans lequel on doit plaider. Je ne dis pas qu'il faille en rire...
MAURICE
Mais il faut tâcher d'en faire rire... Limeray