ACTE II, sci;ne I
amis. [D'un air eniendn.) Et le moment est favorable.
MADAME HKXOX.
(lui... oui... nous savons... Vous pensez bien que nous nous tenons au courant... Nous lisons les journaux... Mon mari va au cercle pour savoir ce qu'on dit. Tout le monde parle de la chute du ministère.
BRÉALTIX.
Ah ! vous avez un cercle à Aurillac?
HÉXOX.
Oui. Le Cercle des Fonctionnaires.
MADAME BRÉAUTIN.
Très bien. On est renseigné en province. Mais tout de même, vous en avez assez d'Aurillac?
MADAME HÉXOX.
Principalement, madame, parce que nous n'avons pas le plaisir de vous y voir.
MADAME BRÉAUTIX.
Vous êtes charmante, mon enfant. Ce que mon mari vous a promis est promis.
BREAUTIX, serrant crtfrijiiiueinent la main <U' lli^naii.
Est absolument promis.
HKXOX, rai' t.
Ah! monsieur... que de remerciements.
MADAME BRÉAUTIN, (Jr.fif[n;int un mnnsipiir âgp.
Vous connaissez notre vieil ami Lamirône,je crois ?
HÉNON.
Oh! oui...
(Il s'avance vers Lamirèiie avec sa femme.) LAMIRI'^NE, aux Hénon, leur serrunl la main.
Chère madame, bonjour. Eh bien ! jeune
212 i.'advicusaiiu:
homme! Nous sommes venus intriguer auprès des puissants du jour?
MADAME nÉNON, ri.uit.
Que voulez-vous ! Il faut faire comme tout le monde.
LAMIRHNE.
Ce diable de Bréautin!... Je crois qu'il le tient, son portefeuille ! Et il le mérite... Un laborieux!... Un intelligent!... .l'ai été au lycée avec lui. Il promettait beaucoup.
HENON, uvec iiiw certaine amerlunie.
11 promet encore !
(Ils continuent à causer tous les trois, Lamirène. Ilénon et madame Hénon. en s'éloignant et se confondant dans les groupes.)
MADAME BRÉAUTIN, reçf.trtlanl ,î fiaiirhc dans la serre. j>iiis à .vo;t mari.
Ah ! Voici Limeray.
(Elle se retourne pour parler à un groupe d'invités qui s'était rapproché d'elle, pendant que Bréautin. s'avançant, tend la main à Limeray qui s'est dégagé des invités qui l'e m ha rra ssa ie nt.)
BRÉAUTIN, à Limeray.
Cher ami... nous vous attendions avec impatience.
LIMERAY, à madame Bréautin, s'avançant.
Madame, je vous présente mes devoirs...
(Il salue les personnes voisines qui le laissent seul avec monsieur et madame Bréautin.)
MADAME BRÉAUTIN, à Limeray. avec intention.
Eh bien!... mais voilà un acquittement qui est un triomphe !
LIMERAY.
Je suis très content pour Langlade. On m'en a parlé en haut lieu.
ACIK II, SCl'vNE 1 213
MAlJAMt; BRÉAUTIN.
Vous avez vu du monde?
LIMERAY.
J'ai rencontré ce matin, par hasard, un très haut personnage ofticiel qui ma adressé discrètement ses compliments, en ajoutant avec un sourire : « Nous y comptions tous. »
MADAME BRÉAUTIN, ;t lirt^nulin.
C'est clair.
BREAUTIN, sniis ronipi-eiidre.
Très clair.
BRÉAUTIN, ;) Liiiwnty.
Et maintenant, qu allez-vous faire ?
LIMERAY.
Penh! Je vais lancer mon émission. Je ne retrouverai jamais une publicité pareille... Rien qu'avec les gens qui m'ont traîné dans la boue, il y a de quoi la couvrir vingt fois.
BRÉAUTIN.
C'est juste.
MADAME BRÉAUTIN.
Seulement, il faut aller vite, très vite, profiter ilu bruit, l'accroître encore.
LIMERAY, .'( m.iiliinie liri-aulin.
Que diriez-vous d'une grande l'été pour l'inauguration de mon nouvel liolel?...
MADAME BRÉAUTIN.
Oui... oui... excellente idée.
LIMERAY.
Oii j'inviterais à peu près tout le monde...
\u\da.\m; rréautin.
Parfait.
21 4- 1. ADVIiUSAlHlC
LIMEHAY, IliiemeiU.
Mes anciens amis et les nouveaux...
MADAME BRÉAUTIN.
Surtout les nouveaux.
LIMKUAY.
Oui. Je compte sur une certaine curiosité.
MADAME BREAUTIN.
Invitez donc les Darlay.
LIMERAY.
Avec plaisir... Je viens d'apercevoir madame Darlay... oii est donc son mari?
MADAME BRÉAUTIN.
Il n'a pas pu venir au dîner... Je l'attends dans le courant de la soirée... Invitez toujours sa femme.
BRÉAUTIN.
Au fait, pourquoi n'est-il pas venu dîner, notre ami Darlay?
MADAME BRÉAUTIN.
11 dînait, soi-disant, avec le directeur de la revue oii il va publier je ne sais quel travail historique, sans intérêt probablement.
BRÉAUTIN.
Je le lirai. J'aime beaucoup Darlay.
LIMERAY.
Moi aussi !...
MADAME BRÉAUTIN.
Oui? Eh bien ! tu l'aimeras un peu moins quand tu sauras ce qu'il dit partout de toi, de moi, de mon salon, de nos relations.
BRÉAUTIN.
Des potins.
MADAME BRÉ.\UTIN.
C'est co qu'il y a de plus dangereux. Mépriser