SCENE V MAURICE, MARIANNE
MAURICE
Brillante soirée?
MARIANNE
Très brillante.
MAURICE
Tiens ! c'est toi qui as présenté Langlade et Norbert?
Ça s'est trouvé comme ça.
MAURICE
Oh ! mais il n'y a pas de mal !... On a renversé le ministère?
MARIANNE
Pas à table.
MAURICE
Oui... (Jeu de scène dans le salon du fond.) On doit le
renverser en ce moment-ci... Se démène-t-elle, cette brave dame!... Regarde-la donc!... Un mot à l'oreille de Norbert !... Un geste discret à Langlade... un coup d'œil à Limeray... ce qui ne
ACTi: II. SCÈNE V 227
l'empêche pas de réunir dans un groupe sympathique, madame Flécheur et Hamelin, adultère et politique mêlés... Ah! ah! entrée sensationnelle de madame Milmont, entre son fils et sa fille, fort respectable dame qui vient chercher un mari pour sa fille et une femme mariée pour son fils... Et tu te plais là dedans! Que ta volonté soit faite !
MARIANNt:.
Mais toi qui es si bien au courant de toutes les petites histoires d'ici, tu oublies la dernière !... Il est vrai qu'elle est arrivée, dit-on, à ton ami intime...
MAURICE
A Ghantraine ! Qu'est-ce qu'on dit? Ah! oui... Tiens, tous ces potins sont écœurants! Marianne, je t'en prie, je t'en supplie, s'il en est temps encore, et il en est temps encore, tout juste! ne prends pas les mœurs et les habitudes d'ici, et songe surtout que Ghantraine est un être d'une bonté délicieuse, à qui ce serait un crime de faire la moindre peine.
MARI AN. m:.
Oui... oui... il est charmant... tu as raison... Je regrette ce que je viens de dire... D'ailleurs, je ne l'ai pas dit qu'à toi, ça n'a pas d'importance... sans compter que c'est probablement un simple potin.
MAURICE
Sois-en sûre.
M.VRIA.N'XE, si; rclonrnanl rcrx Chaiilniine ijui entre avec su femme. rii; fond.
En tout cas, il n'a pas le moindre soupçon, et tout est là...
228 l'adversaire