ACTE I, SCKNE V
HERBELIX.
Lui-même... C'est vous, monsieur, qui avez pris la peine de passer chez moi?... Nous nous serons croisés en route.
LEBRASIKR.
Probablement.
HERBELIN
Qu'y a-t-il pour votre service?
Voici, monsieur le maire. Je suis arrivé hier soir de Paris. Je suis descendu à l'hôtel Régina.
HERBELIN
C'est le meilleur.
LEBRASIER.
11 n'y avait pas une chambre libre. Pourquoi le conducteur de l'omnibus, sachant parfaitement qu'il n'y avait pas une chambre libre, a-t-il pris tout de même mes bagages?... Ce sont là les mystères des villes d'eaux... N'importe ! Le gérant de l'hôtel n'a pas été embarrassé pour si peu. Il m'a oll'ert de me dresser un lit dans l'office, près de la cuisine. 11 était trop tard pour chercher ailleurs. J'ai dû accepter. J'ai passé la nuit dans une atmosphère infectée d'odeurs nauséabondes. . .
iii;hrelii\.
Il fallait ouvrir la fenêtre.
LEBRASIER.
C'est ce que j'ai tenté de faire, mais il venait un air glacial.
HERBELIN
Un air glacial, dans les Pyrénées, au mois de iuillet!...
316 MONSIEUn PIKGOIS
LKBRASIER.
11 fait horriblement chaud dans la journée, mais la nuit on gèle. C'est très malsain. Il est à remarquer, d'ailleurs, que c'est toujours dans des endroits très malsains que l'on envoie les i^ens
se soigner... (Sur un geste de Herhelin.) LaisseZ-moi
continuer... Ce matin, je me suis mis en quête d'une vraie chambre, dans un hôtel. Je n'ai rien trouvé d'habitable, nulle part.
HERBELIN
La saison bat son plein.
LKBRASIER.
J'aurais mieux fait, évidemment, décrire à des amis que j'ai ici, de vouloir bien s'occuper de ce détail, mais je déteste mettre mes amis à contribution.
HERBELIN
C'eût été plus prudent... Ah! vous avez des relations à Bagnères-d'Oron ?
LEBRASIER.
Les Jantel...
lIEIiBELIN.
Les Jantel!... J'ai l'honneur de les connaître particulièrement. Je suis tout à votre disposition. . .
LKBRASIER.
J'ajoute que je viens plutôt pour me rencontrer avec eux que pour suivre un traitement quelconque. Je ne crois guère à l'efficacité de votre traitement...
HERBELIN
Mais, permettez!... Nos eaux sont souveraines pour les bronches, la gorge... Lisez les journaux...