‹ Théâtre complet. Vol. 1-8 (volume 4)Chapitre 222 sur 289 · ACTE I, SCICNE X · texte numérisé non relu

ACTE I, SCICNE X

(Elle le prend des mains d'Henriette et le regarde distraitement.)

II me semble que je connais ça... Dominique .. . c'est un roman de Balzac?

HENRIETTE

Non, de Fromentin.

MADAME JANTEL.

Ah ! oui, je l'ai lu autrefois, ou du moins, j'ai

essayé... C'est très ennuyeux... (Voyant Henriette rire.)

Non ? Ce n'est pas ennuyeux ?

HENRIETTE

Ça dépend.

MADAME JANTEL.

Vous trouvez cette histoire passionnante, vous?

HENRIETTE

Passionnante... c'est un gros mot.

Moi, un livre qui ne me secoue pas, je ne vais pas jusqu'au bout... D'ailleurs, de Dominique, je ne me rappelle pas un mot... Il n'y a plus que vous qui lisez ces choses-là...

PIÉGOIS.

Pardon...

MADAME JANTEL. ;, riiujoia.

Vous l'avez lu, vous?

PIÉGOIS.

Mais oui, madame... C'est un livre admirable; seulement, on ne s'en aperçoit pas tout de suite.

MADAME JANTEL.

S'il faut trop de temps !...

PIÉGOIS, parlant A madame Jantel seulement.

Il faut le connaître et se lier avec lui. C'est un

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livre timide, qui ne sait pas se présenter, mais dès qu'il vous a adressé la parole, dès qu'on est un peu intime avec lui, on le comprend et on l'aime.

HENRIHTTK, cjui a'euL ajjprocliée de Pit-yois pentJunl ijuc madame Jantel va vers son mari.

C'est tout à fait exact de Dominique... (Riani.) Je vous avoue même, monsieur, que je suis surprise de voir un homme en parler avec tant de i^^oût. Je croyais que c'était plutôt un livre de l'emme. Je vous fais toutes mes excuses de cet étonnement.

PIÉGOIS.

La vérité, madame, c'est qu'il y a certains ouvrages rares dont on ose pas parler de peur d'avoir l'air prétentieux et d'être seul à les connaître.

HENMKTTE.

Oui, oui... et quand par hasard on en parle avec quelqu'un, on est gêné... vous avez raison... On a l'air d'être à un rendez-vous... fSe retoumani ei bus

k madame Janlel:) Qui Cst doUC CC monsicUT ? MADAME JANTEL.

Au fait, vous êtes nouvelle venue dans le pays, vous ne connaissez pas encore...

(Au moment où elle va nommer Piéf/ois k Henrielie. el pendant que Jantel fait un mouvement d'impatience, un bruit de voix et de dispute éclate soudaiji dans la salle de baccara. Madame Janlel s'arrête et se tourne, ainsi que les autres, de ce côté. La porte .^s'ourrant, paraissent des joueurs et Lebrasier sur la plate-forme.)

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