ACTE I, SCliNK XIII
fants, c'est effrayant ce que j'aurais fait! Tu ne peux pas t'en douter. Penses-tu que je sois une femme comme Henriette?... J'en ai, moi, des nerfs. Eh bien! le jeu c'est mon dérivatif. Quand mon imagination s'affole, avec une bonne nuit de poker ou de baccara, je me calme.
JAXTEL.
C'est un peu cher...
MADAME JANTEL.
En dehors du jeu, je ne dépense rien. Dans notre situation de fortune, n'importe quelle femme à ma place dépenserait le double, voilà la vérité... Parfaitement. Je ne t'ai même pas demandé cette année ce que tu me donnes habituellement... Mais oui, j'y pense... Tu es en retard avec moi... Tu me dois au moins dix mille francs. Donneles-moi.
Ne plaisante donc pas, ce n'est pas l'heure.
MADAME JANTEL.
Enfin, tu n'es pas gêné? Nos affaires vont toujours bien?
JANTEL.
Mais oui, très bien...
MADAME JANTEL.
Aussi bien qu'avant?
JANTEL.
Rien ne va aussi bien qu'avant, parce qu'il y a une crise générale...
MADAME JANTEL.
Alors, ça va mal?
JANTEL.
Oui.
MONSIEl II l'Ili(,OIS
MADAME .lANTEL.
Ça va-t-il mal ou très mal?
,ianti:l.
Très mal. Je te dirai le reste, viens, j'ai plusieurs idées... Viens donc!
MADAME JANTEL, - un temps.
Attends un peu...
JAXTEL.
Quoi?
MADAME JAXTEL.
Je n'ai pas plusieurs idées, mais J'en ai une...
JAXTEL.
Rentrons. Tu me la diras à la maison.
.^L\DAME JAXTEL.
Non, ici... Tu vas voir pourquoi... Qu'est-ce que tu cherches?
JAXTEL.
Dame 1
.ALVDAME JAXTEL.
De l'argent?
JAXTEL.
Naturellement.
MADAME JAXTEL.
Eh bien ! . . . Adresse-toi à un homme intelligent, ayant des capitaux énormes, audacieux, risqueur, joueur, et qui sera enchanté d'entrer en relations avec un homme comme toi.
JAXTEL.
Il n'y a qu'à le connaître.
MADAME JAXTEL
Je le connais.
Toi?
Moi.
Et c'est?...
Piégois.