‹ Théâtre complet. Vol. 1-8 (volume 4)Chapitre 51 sur 289 · ACTE III, s<;i;ne i · texte numérisé non relu

ACTE III, s<;i;ne i

THÉRÈSE

Non, nous sommes très heureux. Ne nous hâtons pas d'être plus heureux. Goûtons une à une les heures que nous vivons en ce moment, si douces, si imprévues pour moi, que je regrette celle qui vient de partir, que j"ai peur que l'autre ne lui ressemble pas.

JOSSAN".

Je vous défends d'avoir peur! Oh! ma chérie, ma chérie, comme vous redoutez le mal...! comme vous cherchez dans l'avenir tout ce qui pourrait vous nuire, tout ce qui pourrait vous menacer. Mais il ne faut pas trop regarder dans l'avenir, ça nous enlève tout courage. Non, non, notre amour est invincible parce qu'il est né librement et aisément, sans rien détruire autour de lui. Vous étiez abandonnée et trahie, mon cœur est allé à vous. Nous n'avons heurté ni blessé personne, et c'est tant mieux, car le bonheur fait avec la douleur des autres, n'est pas durable. Voilà pourquoi je crois à notre bonheur, à nous, je crois que nul ne le brisera et si quelqu'un l'essayait, je vous jure, Thérèse, que ce serait tant pis pour lui ! Viens dans mes bras un instant...

(Il i'ailire k liii.i

THKRESE, ai)ri:s un temps.

Et maintenant, je vous renvoie.

JOSSAN.

Et pourquoi ?

THÉRÈSE

Parce que votre sœur vous attend.

JOSSAN.

C'est vrai... Vous ne trouvez pas tout de même ({ue c'est un peu aga(;ant d'être surveillés comme deux écoliers?...

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