‹ Théâtre complet. Vol. 1-8 (volume 4)Chapitre 55 sur 289 · ACTE 111, SCKNE · texte numérisé non relu

ACTE 111, SCKNE

dez, attendez... Oui, il vous vient peut-être la pensée que c'est au moment juste où vous avez de l'argent que je vous parle ainsi...

THÉRÈSK.

Ah ! je n'y songeais guère.

GASTON

Mais l'argent que vous avez, je n'y toucherai jamais, vous entendez, jamais, quoi qu'il arrive. 11 est à vous, il est à notre enfant... Vous me loiTririez, je le refuserais. De môme, Jossan m'ollrirait un million que je ne l'accepterais pas. Et vous savez que (^a c'est la vérité. Non, je veux me remonter par mes propres forces.. Je ne vous demande qu'un peu d'abnégation et l'oubli des injures. Les torts que j'ai envers vous, je vous en fais mes excuses et je me repens. Ce repentir doit suflire à nous rendre désormais la vie commune supportable. Plus tard, quand vous m'aurez vu triompher et reconstruire ce que j'ai détruit, vous me pardonnerez plus profondément. En attendant, suspendons les hostilités. Vous me jugerez à l'œuvre.

TIIKRÈSK.

.le vous répondrai ce que vous m'avez répondu tout à l'heure : Je ne peux pas, je vous jure que je ne peux pas. Vous me parlez d'argent, d'association, vous ne pensez qu'à vous. Ah ! certes, si nous nous étions aimés un instant, je vous jtardonnerais et j'oublierais. Mais pour que deux êtres suivent la même vie, s'il n'y a plus l'amour, il faut au moins qu'il reste le sillage de l'amour. Non, non, je ne peux pas, je ne peux pas.

Thérèse, si vous refusez, si vous refusez, nous allons nous faire beaucoup de mal, je le sens.

108 I.A r.HATELAINK

Vous m'en avez tellement fait! Vons ne pouvez pas m'en laire davantage.

GASTON

Je vous en conjure, acceptez, Thérèse, acceptez... Car moi, je ne céderai pas... Je ne; parle pas, non plus, de mes droits, ni de la loi... Je m'en moque, je ne les connais pas... Je ne connais que mon caractère et mes passions !... Jo nai peut-être pas le droit de vous garder ; vous obtiendrez peut-être le divorce un jour malgré moi... C'est possible... Mais tout ce qui est humainement possible aussi de faire pour empêcher ce divorce, je suis résolu à le faire. Je vous en préviens et je vous supplie encore de ne pas m'y contraindre.

THÉRÈSE

Vous ferez ce que vous voudrez. J'ai pour moi ma conscience. J'ai accompli tous mes devoirs. Je me suis longtemps résignée. Vous n'avez jamais trouvé en moi une femme révoltée ou agressive. Ce n'est même pas à votre première faute, à votre premier outrage, que j'ai voulu briser notre union. 11 a fallu des outrages cruels et répétés, des humiliations sans nombre, des douleurs cuisantes que je ne vous rappellerai pas, que vous ne nierez pas. Vous avez consenti au divorce tout de suite dès que le mot a été prononcé entre nous. Vous y avez consenti sans résistance, comme à une chose inévitable et juste. Et aujourd'hui vous venez me dire du haut d'un égoïsme monstrueux : « Ça ne compte plus. » Mais non, ça compte! Je suis libre, je suis libre par vous! Cette liberté, je ne me la laisserai pas reprendre. Ma vie n'est plus à vous, elle est à moi, et j'en ai disposé. 11 ne fallait pas me la

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