‹ Théâtre complet. Vol. 1-8Chapitre 113 sur 237 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

Les Mêmes, BRASSAG.

BRASSAC

Bonjour, chère madame... Votre mari vous a raconté... Hein? voilà une bonne journée?

HÉLÈNE

Oui, oui.

JACQUKS.

App... approchez, mon petit Brassac.

BR.VSSAC.

xMoi?que?...

J.VCQUES, cicec un petit nif/nc de la main el balliutiant un peu.

Oui... venez... près de moi.

BRASSAC

Avec plaisir.

JACQUES

Plus près...

BRASSAC, rianl.

Je veux bien, moi... Je veux bien, (il lui lape sur l'épaule. j Ce cher ami...

JACQUES

Brassac ?

BRASSAC

Quoi?

202 i.A rsouRSK ou i.a vif

JACOrKS.

Vous êtes une fri,..pouille...

HÉLÈNE

Oh ! qu'est-ce que tu dis ?

BRASSAC. à p.irt.

Tiens ! il est gris...

JACQUES

Je vous répète que vous êtes une fripouille.

BRASSAC, avec Ixmhomie el pour ne jjns le cnntrnrier.

Mais oui... mon bon ami... mais oui...

.lACOUES, le ri'len.-inl.

Un co...quin !

IIELl'^NE, clirrrhiinl ,ï l'.rriiseï' son imiri.

Oh ! monsieur.

BRASSAC

Laissez donc, ça n'a aucune importance.

Un pur... coquin...

BRASSAC

J'ai bien entendu.

HÉLÈNE, à Jacques. h;is.

Tu manques de tact. (A Br.issac.) Excusez-le.

BRASSAC

Parbleu ! Je vous conseillerai simplement...

HÉLÈNE

Oui, nous allons rentrer. Viens, mon chéri, rentrons.

JACQUES

C'est ça, rentrons.

BRASSAC, lui tendant lu nutin.

Au revoir, cher ami.

Ar:n: ii, i tabi.kai , scknt vin 203

JACQUES, lai gorranl la main.

Au revoir, cher ami... Une fripouille.

(Il lui serre encore une foin la main.) BR.\SSAG.

-Mais oui... mais oui...

(Il les conduit ju.'iqu'à la porte du fond.

Cher monsieur...

BRASSAC

Chère madame...

// salue Hélène et Jacques.

se EXE Vin

BRASSAC, seul, puis La Comtesse.

BRASSAC. seul.

Je Tadore, ce garçon-là... .1 lacntntesse qui entre.)

Ah ! comtesse, quelle délicieuse surprise! Enlin, vous daignez venir me voir!...

LA COMTESSE

Je viens vous remercier de votre loge.

BRASSAC

Vous êtes exquise, exquise...

'// ///( l)aise la main.)

LA COMTESSE

Soyez sage, voyons. J'ai eu tort de venir ici.

BRASSAC

Tout le monde vient ici... Un financier, c'est comme une couturière. Je vous adore, comtesse, je vous adore... Vous n'avez donc pas un peu d'amitié |)uur moi?

204 l.A BOURSE OU I.A VIE

LA COMTESSE

Au contraire, j'ai du plaisir à vous voir, à causer avec vous.

BRASSAC

Gomme homme ou comme banquier?

LA COMTESSE

Gomme homme. Parce que, comme banquier, vous n'êtes pas sérieux.

BRASSAC

Hein!

LA COMTESSE

Ges dames vous prennent peut-être au sérieux, mais moi pas. Je ne vous coniierais pas une piastre, ce serait dangereux.

BRASSAC

Mais, pardon!...

LA COMTESSE

Je suis très franche, comme vous voyez.

BRASSAC

C'est même ce que nous appelons chez nous un excès de franchise.

LA COMTESSE

Ne VOUS fâchez pas, Brassac. Je n'ai pas voulu vous offenser. Qu'importe, d'ailleurs? Vous me plaisez beaucoup. C'est l'essentiel, n'est-ce pas? C'est comme une amie que vous voulez m'avoir, je suppose, et non comme cliente.

Mon rêve serait de vous posséder sous ces deux formes, mais puisqu'il n'y a pas moyen...

LA COMTESSE

Pas moyen du tout... Vous n'êtes pas sérieux, je vous l'ai dit.

BRASSAC

N'insistez pas. . . Je vous adore, vous ôtesexquise, vous n'êtes pas la femme qu'on rencontre tous les jours.

LA COMTESSK.

Et vous, de votre côté, vous êtes un type d'homme que je n'ai pas encore trouvé sur ma route. Nous avons toutes sortes d'individus dans l'Amérique du Sud, mais nous n'avons pas votre pareil. Il n'y a qu'en Europe.

BRASSAC

Je suis flatté, comtesse.

LA COMTESSE

Je vous crois même très capable de passion, d'emballement.

BRASSAC

C'est-à-dire que vous m'affolez, je ne pense qu'à vous.

LA COMTESSE

Je vous le répète, vous me plaisez, et je consentirai probablement à vous écouter un jour.

Mais quand.'... V^oilà, quand?

LA COMTESSE

Je ne sais pas, Brassac. Gela dépendra. Je suis très romanesque. J'ai horreur du rendez-vous banal, de l'heure fixe et qu'une femuie fasse don de sa personne comme s'il s'agissait d'un cadeau du jour de l'an.

BRASSAC

Ou d'un poisson d'avril.

LA COMTESSE

Enfin, vous me comprenez... J'attends que vous me donniez une preuve de votre amour... Une preuve éclatante ou ingénieuse...

206 LA Bouitsi; ou i.a \ii;

BUASSAC.

Ce qu'il y a de particulier, c'est que vous me dites des choses épouvantables et que je vous aime encore plus que tout à l'heure...

LA OOMTESSE.

Tant mieux, Brassac. Et pour vous récompenser, je dînerai avec vous un de ces soirs.

BHASSAC.

Oh! comtesse... chère comtesse...

LA COMTESSE

Adieu, donc... Je me sauve, maintenant ..Voici vos clientes ordinaires. Au revoir, cher monsieur.

( Elle sort. Kiilreni. Blanche Co/>e/ . Oscar, iniis Eglanliiie. jmis Piffoche.)

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